Fuite de données des impôts (DGFiP) : êtes-vous concerné et comment éviter les arnaques ?

É
Équipe Privious
Veille Cybersécurité
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Selon le ministère de l'Économie, des accès illégitimes en juin et juillet 2026 ont permis d'extraire des données de 678 000 particuliers et professionnels, dont le revenu fiscal de référence. Les espaces impots.gouv.fr et les mots de passe n'ont pas été compromis. Méfiez-vous des faux messages des impôts et passez toujours par votre espace officiel.

Ce qui s'est passé

Le 14 août 2026, le ministère de l'Économie a publié un communiqué (n° 953) sur des accès illégitimes au système d'information de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP).

Les faits, selon ce communiqué :

  • Les 12 et 13 août 2026, un acteur malveillant a revendiqué ces accès.
  • Les accès ont eu lieu en juin et juillet 2026. Ils reposaient sur l'usurpation des identifiants d'un agent de la DGFiP et d'un tiers habilité.
  • La DGFiP a coupé les comptes utilisés dès la détection des intrusions, mais les contrôles n'avaient pas permis de voir, à ce moment-là, que des données avaient été volées.
  • Les investigations menées depuis le 12 août 2026 ont établi que des données concernant 678 000 particuliers et professionnels avaient été consultées et extraites.
  • La DGFiP a saisi la CNIL et annoncé une plainte. L'ANSSI est associée aux investigations.

Quelles données ont fuité ?

Selon le communiqué du 14 août 2026 :

  • pour les particuliers et les professionnels, des données fiscales comme le revenu fiscal de référence, le quotient familial ou le taux de prélèvement à la source ;
  • pour les entreprises, des données comme la raison sociale ou le numéro SIREN ;
  • des données cadastrales (adresses et surfaces de biens immobiliers) ont été consultées.

Selon la FAQ officielle pour les particuliers du 24 août 2026, un peu plus de 350 000 particuliers sont concernés. Les données consultées ou extraites y sont décrites ainsi : l'identifiant fiscal, l'état civil, les coordonnées postales, téléphoniques et électroniques, la situation fiscale (situation de famille, personnes à charge, nombre de parts, revenu fiscal de référence, taux de prélèvement à la source) et la liste des messages échangés via la messagerie d'impots.gouv.fr. Pour moins de 250 contribuables, le contenu de ces messages a aussi pu être volé, sans les pièces jointes. Le communiqué et la FAQ datent tous deux les accès frauduleux de juin et juillet 2026. L'introduction de la FAQ évoque un vol de données « en juin, juillet et août 2026 » ; la DGFiP ne l'a établi qu'à partir du 12 août.

Ce qui n'a pas fuité

Selon le communiqué, les espaces Finances publiques des particuliers et des professionnels n'ont pas été compromis, et leurs identifiants et mots de passe non plus.

Comment savoir si vous êtes concerné

Le communiqué annonçait que la DGFiP contacterait chaque personne concernée par courriel ou par courrier, avec le détail des données susceptibles d'avoir été consultées ou extraites et, le cas échéant, les mesures de vigilance à adopter. Selon la FAQ du 24 août 2026, ces messages d'information sont envoyés à partir du lundi 17 août 2026. Ils ne contiennent aucun lien direct vers l'espace fiscal et ne demandent aucune information confidentielle.

Le risque : les arnaques au faux remboursement et au faux agent des impôts

Ces données permettent d'écrire des messages très crédibles : un escroc qui connaît votre revenu fiscal de référence ou votre adresse peut se faire passer pour l'administration fiscale, proposer un faux remboursement ou réclamer un faux impayé. D'autres messages jouent le même rôle après une fuite chez Solutions30, sous-traitant d'Orange et Enedis.

Que faire

  1. Passez toujours par votre espace sur impots.gouv.fr, en tapant vous-même l'adresse dans le navigateur. Ne cliquez pas sur un lien reçu par e-mail ou SMS qui prétend y mener.
  2. Ne communiquez jamais un code, un mot de passe, des coordonnées bancaires ou une copie de pièce d'identité en réponse à un appel, un SMS ou un e-mail, même s'il cite des informations exactes sur vous.
  3. Vérifiez votre adresse sur Have I Been Pwned (gratuit) pour connaître les autres fuites où elle apparaît : les escrocs combinent souvent plusieurs fichiers. Le détail de plusieurs d'entre elles est dans les autres fuites de données en France. Cet outil ne dira pas forcément si vous êtes concerné par la fuite DGFiP ; seul le message de la DGFiP fait foi.
  4. Activez la double authentification sur votre messagerie et sur vos comptes importants, là où c'est possible, avec une application de double authentification.
  5. Inutile de changer votre mot de passe impots.gouv.fr à cause de cette fuite : il ne fait pas partie des données volées. Changez-le en revanche si vous l'utilisez aussi ailleurs, et passez par un gestionnaire de mots de passe.

FAQ

Combien de personnes sont concernées par la fuite de la DGFiP ?

678 000 particuliers et professionnels au total selon le communiqué du 14 août 2026, dont un peu plus de 350 000 particuliers selon la FAQ du 24 août.

Mon mot de passe impots.gouv.fr a-t-il été volé ?

Non. Selon le communiqué, les identifiants et mots de passe des particuliers et des professionnels n'ont pas été compromis, ni leurs espaces Finances publiques.

Comment savoir si je fais partie des personnes concernées ?

La DGFiP a annoncé qu'elle contacterait chaque personne concernée par courriel ou par courrier. Méfiez-vous de tout message qui vous demande de cliquer sur un lien pour « vérifier » si vous êtes concerné.

Quelles données ont été volées ?

Des données fiscales comme le revenu fiscal de référence, le quotient familial ou le taux de prélèvement à la source, des données d'entreprises comme la raison sociale ou le SIREN, et des données cadastrales consultées (adresses et surfaces de biens).

Je reçois un message des impôts qui me promet un remboursement : que faire ?

Ne cliquez pas. Connectez-vous vous-même à votre espace sur impots.gouv.fr pour vérifier s'il y a réellement un message ou une démarche en cours.

Sources (consultées le 22/10/2026)

É

Auteur

Équipe Privious

Veille Cybersécurité

"La vie privée n'est pas un crime, c'est une barrière contre l'arbitraire."