Test & Avis Expert
Bunny Fonts est un service de diffusion de polices web conçu comme substitut à Google Fonts. Il est exploité par BunnyWay d.o.o., société enregistrée Dunajska cesta 165, 1000 Ljubljana, en Slovénie, également éditrice du CDN bunny.net. L’usage est gratuit et sans compte.
Comment ça marche
L’API est décrite par l’éditeur comme « entièrement compatible avec l’API CSS v1 de Google Fonts ». En pratique, la migration consiste à remplacer le nom de domaine dans la balise de lien déjà présente dans le gabarit du site : fonts.googleapis.com devient fonts.bunny.net. Le reste de l’URL — noms de familles, graisses, paramètre display — est conservé tel quel. Aucun fichier n’est à déposer sur le serveur du site.
Le service déclare une politique « sans suivi et sans journalisation », formulée ainsi sur sa page de présentation : « aucune donnée ni aucun journal n’est jamais collecté ou transmis à un tiers ». L’éditeur ajoute qu’il ne peut « suivre ou surveiller vos utilisateurs finaux d’aucune manière ». Le modèle économique n’est pas celui du service de polices, qui ne rapporte rien : bunny.net vend du CDN, du stockage et de l’optimisation d’images, et Bunny Fonts sert de vitrine à cette offre.
Ce que ça ne protège pas
Le navigateur du visiteur continue d’adresser une requête à un serveur tiers à chaque chargement de page. Le tiers change, pas le mécanisme : l’adresse IP du visiteur, son en-tête User-Agent et l’adresse de la page d’origine sont transmis à BunnyWay exactement comme ils l’étaient à Google. La différence tient à ce que ce tiers déclare en faire, et à sa juridiction.
Or cette déclaration est invérifiable de l’extérieur. Rien dans la politique de confidentialité générale de bunny.net ne détaille les durées de conservation propres au service de polices, et aucun audit public ne vient étayer l’absence de journaux. Le lecteur qui doit répondre à une obligation de conformité s’appuie donc sur un engagement contractuel, pas sur une garantie technique.
S’ajoute une dépendance de disponibilité : si le service est coupé ou modifie son API, les polices du site cessent de se charger et la mise en page change chez tous les visiteurs. Enfin, l’opération ne traite que les polices. Les autres requêtes tierces d’une page restent inchangées.
Face aux alternatives
Fontsource supprime la requête tierce au lieu de la rediriger, en distribuant les mêmes polices libres sous forme de paquets npm ou de fichiers à déposer sur son propre serveur. C’est la seule des deux approches qui fasse disparaître le problème plutôt que de le déplacer, mais elle suppose d’intervenir dans le code du site et d’assumer la bande passante. Bunny Fonts se justifie quand la migration doit tenir en une ligne modifiée — un site sous CMS, un gabarit qu’on ne peut pas reconstruire — et que l’on accepte de faire confiance à un prestataire européen plutôt qu’à Google.
