Test & Avis Expert
Canary Mail est un client de messagerie propriétaire pour macOS, Windows, iOS et Android, compatible avec les comptes IMAP, Gmail, Outlook, Exchange, iCloud et Proton Mail. Il est édité par Cartasec Pte. Ltd., société de droit singapourien. Le code source n’est pas publié.
Comment ça marche
Le client se connecte directement aux serveurs de messagerie de l’utilisateur. L’éditeur indique que « Canary ne collecte ni ne stocke le contenu de vos messages personnels, entrants ou sortants », et que les identifiants restent sur l’appareil — sauf lorsque les notifications push ou la synchronisation dans le nuage sont activées, auquel cas des données transitent temporairement par son infrastructure.
Deux fonctions relèvent de la sécurité. Le chiffrement PGP permet de signer et chiffrer des messages avec des correspondants équipés. SecureSend envoie un message protégé par un mot de passe hors bande, mécanisme distinct de PGP et présenté par l’éditeur comme compatible avec les exigences HIPAA. Les fonctions d’assistance par IA, appelées Copilot, s’appuient sur des modèles de fournisseurs tiers — l’éditeur cite OpenAI, Anthropic, Cohere et Google — en indiquant que « vos données ne seront pas utilisées pour entraîner ou améliorer des modèles tiers ».
La grille publiée comporte trois niveaux : gratuit, limité à deux appareils ; Growth à 3 $ par mois facturés à l’année, soit 36 $ ; Pro+ à 10 $ par mois facturés à l’année, soit 100 $. Les deux offres payantes autorisent cinq appareils.
Ce que ça ne protège pas
Les fonctions de sécurité sont réservées à l’offre la plus chère. PGP et SecureSend figurent exclusivement dans Pro+ : un chiffrement de messagerie coûte donc ici 100 $ par an, là où les implémentations libres sont gratuites. L’offre Growth, la plus mise en avant, n’inclut aucune de ces fonctions.
Le code étant fermé, l’implémentation PGP ne peut être auditée par un tiers. Pour du chiffrement, c’est une objection de principe : la confiance repose sur la parole de l’éditeur plutôt que sur une vérification possible.
Activer les notifications push suppose qu’un service de l’éditeur soit en mesure de savoir qu’un message est arrivé, et la synchronisation dans le nuage place des données de configuration sur son infrastructure. Les fonctions d’IA envoient du contenu de messages à des prestataires tiers. Enfin, comme tout client PGP, l’outil ne chiffre pas les métadonnées : expéditeur, destinataires, objet et horodatage restent lisibles.
Face aux alternatives
Thunderbird intègre OpenPGP nativement, gratuitement, avec un code auditable. K-9 Mail et FairEmail couvrent le même besoin sur Android. Proton Mail propose un chiffrement automatique entre comptes du même service, sans manipulation de clés. Canary Mail se distingue par son interface et son intégration multiplateforme ; sur le seul critère du chiffrement, il est le plus cher et le seul dont le code ne peut être vérifié.
