Test & Avis Expert
EteSync synchronise contacts, agendas, tâches et notes en chiffrant les données sur l’appareil avant l’envoi, de sorte que le serveur ne stocke que du contenu qu’il ne peut pas lire. Le serveur est publié sous licence AGPL-3.0 et peut être hébergé sans frais ; le service hébergé est proposé à 2 $ par mois en facturation annuelle pour l’offre Personal et 4 $ pour l’offre Supporter, avec deux semaines d’essai sans moyen de paiement.
Comment ça marche
Le chiffrement s’opère côté client, à partir d’un mot de passe de chiffrement distinct du mot de passe de connexion. Le serveur reçoit des blocs chiffrés qu’il se contente de stocker et de dater ; il ne voit ni les noms d’événements, ni les adresses, ni le contenu des notes.
La pièce qui rend l’ensemble utilisable au quotidien est etesync-dav, une passerelle qui tourne sur la machine de l’utilisateur. Elle expose localement des interfaces CalDAV et CardDAV classiques : Thunderbird, GNOME Evolution ou Kontact s’y connectent comme à un serveur ordinaire, pendant que la passerelle se charge de chiffrer et déchiffrer. Le protocole sous-jacent, Etebase, est également publié et documenté séparément.
Ce que ça ne protège pas
L’état de maintenance est le point à examiner de près, et il est inégal selon les composants. Le dépôt du serveur, celui-là même que l’on installe pour s’auto-héberger, n’a reçu aucun commit depuis le 12 juillet 2024. Les clients sont plus récents — application Android mise à jour en février 2026, client web en avril 2026, passerelle DAV en janvier 2026 — mais les bibliothèques Etebase en Python, Rust et C datent de mai 2025. Pour un logiciel serveur exposé sur internet, plus de deux ans sans mise à jour signifie des dépendances non corrigées : c’est un argument sérieux contre l’auto-hébergement en l’état.
Le chiffrement de bout en bout ne couvre pas les métadonnées : le serveur connaît l’existence du compte, le nombre de collections, le volume et la fréquence des synchronisations, ainsi que l’adresse IP de connexion.
La passerelle DAV déchiffre en local et met les données en clair à disposition de n’importe quelle application capable de se connecter à cette adresse locale. Le maillon faible se déplace alors sur le poste de travail.
Enfin, perdre le mot de passe de chiffrement signifie perdre les données : c’est la contrepartie inévitable du chiffrement de bout en bout, et il n’y a pas de récupération possible par l’exploitant.
Face aux alternatives
SilentSuite reprend le même protocole Etebase avec un développement actif en 2026, mais reste en version bêta et n’identifie pas publiquement son exploitant. Radicale est un serveur CalDAV/CardDAV classique, sans chiffrement de bout en bout mais simple et très activement maintenu. Nextcloud couvre un périmètre bien plus large sans ce niveau de chiffrement par défaut. EteSync garde l’antériorité et un protocole documenté ; c’est son serveur qui pose aujourd’hui problème.
