Test & Avis Expert
Indic Keyboard est un clavier Android publié sous licence Apache 2.0, maintenu par l’Indic Project avec Swathanthra Malayalam Computing (SMC), une organisation indienne de logiciel libre. Il couvre 23 langues et 60 dispositions de saisie en plus de l’anglais, de l’hindi et du tamoul jusqu’au santali et au cachemiri. Le projet a reçu une bourse Mozilla MOSS. La version distribuée sur F-Droid est la 4.0-beta7-offline, publiée le 11 août 2026.
Comment ça marche
Le clavier est, comme Simple Keyboard, un dérivé de LatinIME (AOSP) auquel ont été ajoutés les moteurs de translittération et les dispositions propres aux écritures d’Asie du Sud. La saisie et la translittération s’exécutent sur l’appareil. La fiche F-Droid liste les permissions demandées : notifications, vibration, démarrage au lancement, lecture et écriture du dictionnaire utilisateur, et lecture des contacts. La permission INTERNET n’y figure pas : le système ne laisse donc rien sortir de l’appareil.
Le projet est porté par une communauté bénévole et financé par des subventions ponctuelles, sans modèle commercial ni compte utilisateur.
Ce que ça ne protège pas
L’absence d’accès réseau ne rend pas les permissions restantes anodines. Le clavier demande l’accès aux contacts, comme LatinIME dont il dérive, pour proposer les noms du carnet d’adresses en suggestion. Rien ne peut partir, mais l’application lit bien le carnet, et c’est une permission qu’un lecteur soucieux de cloisonnement voudra refuser — Android permet de la révoquer, au prix des suggestions de noms.
La version courante est un « beta7 » : le projet se numérote lui-même comme non finalisé depuis plusieurs versions, et le suffixe « offline » du paquet F-Droid signale une variante de distribution, pas une garantie supplémentaire par rapport au comportement décrit ci-dessus. Enfin — et c’est décisif pour ce catalogue — Indic Keyboard ne concerne pas les langues européennes : il n’apporte rien à un utilisateur francophone, et son intérêt se limite strictement aux locuteurs des langues et écritures d’Asie du Sud.
Face aux alternatives
Pour ces écritures, il n’existe pas d’équivalent libre de cette couverture : les claviers du catalogue destinés aux alphabets latins, Simple Keyboard, FlorisBoard et AnySoftKeyboard, ne gèrent pas la translittération indienne. AnySoftKeyboard demande les mêmes permissions, contacts compris, et couvre davantage de langues au total mais moins bien celles-ci. Face aux claviers préinstallés par les fabricants, le compromis est le même que pour les autres claviers libres : moins de confort, aucune sortie réseau possible.
