Test & Avis Expert
iOS est le système d'exploitation des iPhone. Il n'est installable sur aucun autre matériel et son code source n'est pas public, ce qui interdit toute vérification indépendante de ses garanties : on peut observer son comportement réseau, pas lire ce qu'il fait. Ce qui suit décrit ce qu'Apple documente, en séparant ce qui est actif d'origine de ce qui suppose une action de votre part.
Ce qui est actif par défaut
Depuis iOS 14.5, une application doit obtenir votre autorisation explicite avant de suivre votre activité dans d'autres applications ou sur d'autres sites : c'est l'App Tracking Transparency. La protection de la confidentialité dans Mail, active par défaut, masque votre adresse IP à l'expéditeur d'un message et empêche la mesure d'ouverture. Safari applique d'origine une prévention du pistage intersites. Deux fonctions supposent en revanche un abonnement iCloud+ : Private Relay, qui fait transiter le trafic Safari par deux relais successifs dont aucun ne connaît à la fois l'utilisateur et la destination, et Hide My Email, qui crée des adresses de redirection jetables.
Ce qu'Apple peut lire
Les données iCloud relèvent de deux régimes. Quinze catégories sont chiffrées de bout en bout d'origine : trousseau, santé, messages dans iCloud, Safari, informations Siri, mots de passe Wi-Fi. Le reste — sauvegarde iCloud, iCloud Drive, Photos, Notes, Rappels — est chiffré en transit et sur serveur avec des clés qu'Apple détient. La sauvegarde est le point à retenir : même quand vos messages sont chiffrés de bout en bout, une sauvegarde iCloud non protégée les rend récupérables par Apple. La Protection avancée des données corrige ce point en portant le chiffrement de bout en bout à vingt-cinq catégories, mais elle est désactivée par défaut, disponible à partir d'iOS 16.2, et demande de configurer un contact ou une clé de récupération avant activation.
Ce que ça ne protège pas
iCloud Mail, Contacts et Calendrier ne sont jamais chiffrés de bout en bout, Protection avancée comprise. Le mode Isolement, prévu pour les rares personnes visées individuellement par des attaques sophistiquées, est facultatif et n'a de sens que pour ce public : il bloque la plupart des pièces jointes, restreint des technologies web, refuse les appels FaceTime entrants de personnes que vous n'avez pas appelées dans les trente derniers jours et interdit l'installation de profils de configuration. Enfin, rien de tout cela ne concerne les applications tierces installées : ce que collecte l'application d'un réseau social ou d'une banque relève de sa propre politique, pas des réglages d'iOS.
Face aux alternatives
Les systèmes Android dégooglisés offrent un code auditable et n'imposent pas de compte constructeur, mais demandent un matériel compatible et un travail de configuration. macOS applique le même modèle iCloud sur un système plus ouvert aux logiciels tiers. Le compromis d'iOS est constant : une base matérielle et logicielle verrouillée, cohérente et difficile à attaquer, contre l'impossibilité de rien vérifier par vous-même.
