Test & Avis Expert
libreCMC est un système d’exploitation embarqué dérivé d’OpenWrt, destiné aux routeurs et à quelques cartes à faible ressource, publié sous licence GPL-2.0. Sa particularité est d’être construit uniquement à partir de logiciels libres, sans micrologiciel propriétaire, ce qui lui vaut de figurer sur la liste des distributions approuvées par la Free Software Foundation.
Comment ça marche
Techniquement, libreCMC est OpenWrt débarrassé de tout composant non libre : les micrologiciels binaires que la plupart des distributions chargent dans les puces réseau au démarrage sont retirés, de même que les pilotes qui en dépendent. Le résultat est un système dont chaque ligne exécutée est inspectable — argument déterminant pour qui considère qu’un micrologiciel opaque dans le routeur d’une organisation est un problème en soi, puisqu’il s’exécute en amont de tout chiffrement applicatif.
Le projet publie trois variantes selon les ressources disponibles : generic avec interface web LuCI, gestion de paquets et pile IPv6 pour les appareils d’au moins 8 Mo de mémoire flash ; tiny pour les appareils de 4 Mo, sans gestion de paquets ni TLS sur l’interface web ; et une variante minimale sans interface web. Le développement est actif : la version 6.8 a été publiée le 29 juin 2026, et le dépôt recevait encore des commits en septembre 2026.
Ce que ça ne protège pas
Le prix de l’exigence est un matériel compatible très restreint. Écarter les micrologiciels propriétaires écarte l’essentiel des puces sans fil récentes : la liste d’appareils pris en charge se limite à du matériel ancien, aux débits et aux capacités correspondants. Pour une connexion fibre moderne, c’est une contrainte de performance concrète, pas théorique.
Un routeur libre ne chiffre pas le trafic. libreCMC ne masque ni les requêtes DNS envoyées par défaut, ni l’adresse IP publique, ni ce que voit le fournisseur d’accès : il remplace un logiciel opaque par un logiciel vérifiable, ce qui est une amélioration de la confiance et non de la confidentialité du trafic.
Enfin, le projet est de petite taille et sa communication est décalée par rapport à son code : la page de téléchargement du site officiel annonce encore les images de la branche v1.5.4a et son répertoire de versions instantanées est vide, alors que la branche v6 est celle qui est développée. Trouver la bonne image suppose d’aller directement sur le dépôt du projet — un obstacle réel pour un système déjà destiné à un public averti.
Face aux alternatives
OpenWrt est la base dont libreCMC est dérivé : il accepte les micrologiciels propriétaires, ce qui lui ouvre un catalogue de matériel incomparablement plus large et des débits actuels. OPNsense et pfSense visent un autre usage — un pare-feu sur machine x86 plutôt qu’un micrologiciel de routeur — avec des fonctions réseau plus riches et les mêmes compromis sur les pilotes.