Test & Avis Expert
Mailvelope est une extension de navigateur qui ajoute le chiffrement OpenPGP aux webmails consultés dans le navigateur : Gmail, Outlook, WEB.DE, Nextcloud Mail, Roundcube et d’autres. Elle est éditée par Mailvelope GmbH, société allemande, et publiée sous licence AGPL-3.0. Gratuite pour l’usage personnel. Les offres à destination des organisations, avec administration centralisée pour Google Workspace ou Nextcloud, sont facturées 2,70 € par utilisateur et par mois en engagement annuel, ou 3,00 € en paiement mensuel.
Comment ça marche
L’extension s’intercale entre vous et l’interface web de votre messagerie. Quand vous rédigez un message, Mailvelope ouvre sa propre zone de saisie, chiffre le texte localement dans le navigateur, puis dépose le bloc chiffré dans le champ du webmail. Le fournisseur de messagerie ne reçoit donc jamais que du texte illisible. À la lecture, l’opération est inversée.
Les clés privées restent dans le stockage de l’extension, sur votre machine, protégées par une phrase de passe : elles ne sont pas envoyées au fournisseur de messagerie ni à Mailvelope. L’extension gère aussi le chiffrement des pièces jointes, la signature des messages et une détection d’hameçonnage sur ses propres fenêtres, pour éviter qu’une page imite la boîte de saisie sécurisée. Mailvelope opère par ailleurs un serveur de clés qui exige une vérification par courriel avant publication d’une clé.
Ce que ça ne protège pas
Les métadonnées restent en clair, et c’est la limite principale : expéditeur, destinataires, date et objet circulent lisiblement et sont conservés par le fournisseur de messagerie. Utiliser Mailvelope sur Gmail signifie que Google ne lit plus le contenu de vos messages, mais sait toujours à qui vous écrivez, quand et sous quel intitulé.
Le modèle de confiance propre à une extension de navigateur mérite d’être compris. Le déchiffrement a lieu dans le navigateur, donc dans le même processus qu’une page web hostile potentielle ; la sécurité repose sur l’isolation offerte par le navigateur et sur l’intégrité de l’extension elle-même, mise à jour automatiquement par la boutique du navigateur. Une extension compromise, ou une mise à jour malveillante, aurait accès aux clés — scénario qui n’existe pas avec un client de messagerie installé.
Enfin, OpenPGP n’offre pas de confidentialité persistante : une clé privée compromise ouvre les archives. Et le correspondant doit lui aussi utiliser OpenPGP, faute de quoi rien n’est chiffré.
Face aux alternatives
Thunderbird fait la même chose dans un client installé, avec un modèle de confiance plus simple, mais impose d’abandonner l’interface web. Proton Mail et Tutanota suppriment la manipulation de clés en chiffrant côté fournisseur, au prix d’un changement d’adresse et d’une dépendance à un seul opérateur. Mailvelope est l’option de celui qui doit garder son webmail existant — professionnel imposé, adresse historique — et veut y ajouter du chiffrement de contenu.
