Test & Avis Expert
PeerTube est un logiciel de plateforme vidéo que l'on installe sur son propre serveur. Développé par Framasoft, association française à but non lucratif, il est publié sous licence AGPL-3.0 ; la version 8.2.4 date d'août 2026. Il s'adresse à qui veut diffuser de la vidéo sans passer par une plateforme centralisée, et accepte d'administrer un serveur ou de rejoindre une instance tenue par quelqu'un d'autre.
Comment ça marche
Chaque installation est autonome : son administrateur fixe ses règles, sa modération et ses quotas. Les installations se relient entre elles par ActivityPub, le protocole de fédération qu'emploient aussi Mastodon et les autres services du fédiverse, ce qui permet de suivre depuis une instance les chaînes hébergées sur une autre. Framasoft annonce environ 1 600 plateformes et un million de vidéos dans le réseau.
La diffusion combine deux mécanismes. Le serveur envoie la vidéo comme n'importe quel site, mais les navigateurs des spectateurs se transmettent aussi des fragments entre eux via WebRTC, la brique de communication directe entre navigateurs intégrée aux navigateurs modernes. Cette part de pair-à-pair réduit la bande passante à la charge de l'hébergeur lorsqu'une vidéo est regardée simultanément par beaucoup de monde.
Ce que ça ne protège pas
Le pair-à-pair a une conséquence directe sur la confidentialité du spectateur : une connexion WebRTC entre deux navigateurs suppose que chacun connaisse l'adresse IP de l'autre. Regarder une vidéo en mode pair-à-pair expose donc votre adresse IP aux autres personnes qui regardent la même vidéo au même moment, et réciproquement. PeerTube prévoit un réglage par compte pour ne pas participer au partage ; la documentation le formule ainsi : « Select if you want to help sharing videos being played or not (by using, or not, P2P) ». Un visiteur non connecté ne bénéficie pas de ce réglage.
Par ailleurs, l'instance que vous rejoignez voit tout : adresses IP, comptes, contenus téléversés. PeerTube ne chiffre pas les vidéos et n'est pas conçu pour la diffusion confidentielle. Côté hébergeur, la vidéo reste coûteuse en stockage et en bande passante, et la modération d'une instance ouverte au public est un travail continu, pas une case à cocher.
Face aux alternatives
Face à YouTube, PeerTube échange l'audience et l'infrastructure gratuite contre le contrôle éditorial et l'absence de publicité et de profilage. Pour un spectateur qui veut seulement consulter YouTube sans y être suivi, un frontend alternatif répond mieux au besoin qu'une migration vers PeerTube, sur le même principe que rimgo pour Imgur. Pour un éditeur qui refuse d'administrer un serveur, rejoindre une instance existante est la voie praticable, avec la dépendance à son administrateur que cela implique.
