Test & Avis Expert
Privex est un fournisseur de serveurs virtuels et dédiés orienté confidentialité, opéré depuis le Belize, avec des centres de données en Allemagne, aux États-Unis et en Suède. L’offre commence à 0,99 $ par mois pour les configurations minimales, les VPS courants se situant entre 8 $ et 50 $ par mois et les serveurs dédiés entre 210 $ et 650 $.
Comment ça marche
La spécificité de Privex porte sur la relation commerciale plutôt que sur la technique. Le paiement est accepté en bitcoin, litecoin, monero, dogecoin et plusieurs jetons, ce qui permet de commander un serveur sans fournir de moyen de paiement nominatif. La société expose également son site et son espace client via un service caché Tor et une eepsite I2P, de sorte que la commande elle-même peut être passée sans révéler son adresse IP. Une politique de nœuds de sortie Tor est publiée, ce qui est une information utile : elle indique ce que l’hébergeur tolère sur son réseau.
Ce que ça ne protège pas
Le point le plus important est un malentendu fréquent sur la juridiction. Privex est une société bélizienne, mais vos données ne sont pas au Belize : elles sont dans le centre de données que vous avez choisi. Le droit applicable à une saisie, à une réquisition ou à une injonction de retrait est en pratique celui du pays où tourne la machine — l’Allemagne, les États-Unis ou la Suède. Un serveur Privex en Virginie est un serveur américain ; la nationalité du prestataire n’y change rien. Il faut donc choisir l’emplacement en fonction du droit souhaité, pas en fonction du siège social affiché.
Comme pour tout hébergeur, l’administrateur de l’hyperviseur peut techniquement accéder au disque d’une machine virtuelle. Le chiffrement du système de fichiers atténue le risque au repos mais pas pendant que le service tourne, puisque la clé est alors en mémoire. Payer en monero protège l’identité du client, pas le contenu du serveur.
Enfin, Privex est une structure de taille modeste comparée aux grands fournisseurs : l’engagement de disponibilité, la profondeur du support et la redondance sont à évaluer avant d’y placer un service critique.
Face aux alternatives
1984 Web Hosting et OrangeWebsite proposent l’inverse du compromis Privex : des machines physiquement en Islande, donc une juridiction plus favorable, mais sans accès par Tor ou I2P à l’espace client. Bahnhof Cloud vise les entreprises suédoises avec des centres de données propres et une certification ISO 27001. Njalla reste complémentaire : il couvre le nom de domaine, que Privex ne traite pas.
