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SecureDrop est un système de dépôt de documents pour les rédactions et les ONG, développé par la Freedom of the Press Foundation et publié sous licence libre. Il s’installe sur des serveurs contrôlés par l’organisation elle-même ; les sources y accèdent par un service onion depuis le Navigateur Tor. L’interface existe en 22 langues. La version 2.16.1 date de juillet 2026 et la SecureDrop Workstation 1.9.0 de septembre 2026.
Comment ça marche
L’architecture est délibérément lourde, et c’est son intérêt. Les serveurs appartiennent à la rédaction et se trouvent dans ses locaux, derrière un pare-feu dédié. Une source dépose un document via le service onion : elle ne crée pas de compte, elle reçoit un nom de code. Les envois sont chiffrés en transit et au repos, et le système est conçu pour ne pas enregistrer les adresses IP ni les empreintes de navigateur. Côté journalistes, les documents ne sont pas ouverts sur une machine ordinaire mais sur un poste dédié et déconnecté du réseau, la Secure Viewing Station, démarré sur Tails ; les postes d’administration et de travail utilisent également Tails ou la SecureDrop Workstation. Le tout est gratuit, financé par des dons.
Ce que ça ne protège pas
SecureDrop protège un canal de transmission, pas une source. Son modèle de menace, publié par le projet, l’énonce explicitement, et il mérite d’être lu avant toute décision.
Le système suppose que l’ordinateur de la source exécute correctement Tails et n’est pas infecté. Un appareil déjà compromis annule tout : un enregistreur de frappe capte le nom de code, une capture d’écran capte le document. Les compromissions de machines — côté source, journaliste ou administrateur — sont hors périmètre, tout comme la manipulation matérielle.
Un adversaire disposant d’une vue globale du réseau peut, selon la documentation du projet, déduire l’usage de SecureDrop à partir de la taille des requêtes et de la forme des transferts, relier une source à un serveur donné, et corréler des éléments au cours d’une enquête sur une fuite. Un adversaire local, lui, voit qu’un utilisateur emploie Tor et peut simplement le bloquer. Se connecter depuis un poste professionnel ou un réseau d’entreprise reste identifiable, quel que soit le chiffrement.
Enfin, un appareil saisi allumé livre le contenu de sa mémoire vive. Et le déploiement lui-même exige un budget matériel, des compétences d’administration système et une discipline opérationnelle continue : SecureDrop mal installé est plus dangereux qu’utile.
Face aux alternatives
GlobaLeaks répond au même besoin avec une installation nettement plus légère, adaptée aux organisations qui ne peuvent pas soutenir l’exigence matérielle de SecureDrop. OnionShare couvre un transfert ponctuel entre deux personnes, sans plateforme à maintenir. Côté source, Tails et Tor Browser ne sont pas des alternatives mais des prérequis.
