Test & Avis Expert
simplewall est un pare-feu applicatif pour Windows, publié sous licence GPL-3.0 par le développeur connu sous le pseudonyme Henry++. Il fonctionne de Windows 7 SP1 à Windows 11, en x64 et ARM64, exige un processeur compatible SSE2 ainsi que les droits administrateur, et tient dans moins d’un mégaoctet. La version 3.9.1 a été publiée le 22 juillet 2026 ; le dépôt recevait encore des commits le 8 septembre 2026.
Comment ça marche
Le projet insiste sur un point souvent mal compris : simplewall « n’est pas une interface de contrôle du pare-feu Windows ». Il pilote directement la Windows Filtering Platform, la couche de filtrage réseau du système sur laquelle le pare-feu intégré est lui-même construit. Il installe donc son propre jeu de règles à ce niveau, application par application.
Concrètement, chaque programme qui tente d’ouvrir une connexion sortante est présenté à l’utilisateur, qui autorise ou refuse. L’outil journalise les paquets rejetés à partir de Windows 7 et les paquets autorisés à partir de Windows 8, avec notifications. Il embarque des listes de blocage internes, dont une visant explicitement la télémétrie de Windows, ainsi qu’un éditeur de règles, la prise en charge des applications du Windows Store, de WSL et d’IPv6.
Ce que ça ne protège pas
Bloquer des connexions ne chiffre rien et ne masque rien. Le trafic autorisé reste visible du fournisseur d’accès, et les requêtes DNS partent en clair si rien d’autre n’est mis en place. simplewall traite la question « quel programme a le droit de parler au réseau », pas celle de « qui peut écouter ».
La liste de blocage de la télémétrie Microsoft vise des points d’accès connus à un instant donné. Elle n’est pas exhaustive, et Microsoft modifie régulièrement ses domaines et ses adresses ; un blocage réputé complet ne l’est jamais durablement.
Le mode de fonctionnement présente un risque opérationnel réel : l’outil s’installe à un niveau privilégié du système et remplace la configuration de filtrage en place. Une règle mal posée coupe la machine du réseau, et une désinstallation incomplète peut laisser le système dans un état intermédiaire. Il faut savoir ce que l’on fait.
Enfin, le projet repose sur un développeur unique et comptait 143 tickets ouverts à la mi-septembre 2026. Pour un composant qui s’insère dans la pile réseau du système, la concentration de la maintenance sur une seule personne est un facteur à peser.
Face aux alternatives
Safing Portmaster couvre le même besoin avec une interface plus lisible, un filtrage DNS intégré et une offre payante ; il est aussi bien plus lourd. O&O ShutUp10++ agit en amont, sur les réglages de télémétrie du système, et se combine avec un pare-feu plutôt qu’il ne le remplace. Pi-hole filtre au niveau du réseau et couvre tous les appareils, mais ne sait pas distinguer deux programmes d’une même machine — ce que simplewall est justement le seul à faire ici.