Test & Avis Expert
Write.as est une plateforme de publication minimaliste exploitée par Musing Studio, société fondée en 2015 et établie à New York. Elle s’appuie sur WriteFreely, moteur libre publié sous licence AGPL-3.0 dont la version 0.17.2 est sortie le 10 août 2026 et dont le dépôt recevait encore des commits en septembre 2026. WriteFreely peut être hébergé par n’importe qui ; Write.as en est l’instance commerciale.
Comment ça marche
La particularité du service est qu’un texte peut être publié sans créer de compte : on écrit, on publie, on obtient une adresse. Les pages produites ne comportent ni publicité ni traceur, et l’interface se limite à un éditeur de texte brut. WriteFreely prend par ailleurs en charge la fédération via ActivityPub, ce qui permet à des comptes Mastodon ou compatibles de suivre un blog et d’en relayer les billets.
Le modèle économique est l’abonnement, pas la publicité. L’offre gratuite donne un blog, l’éditeur de texte brut et la marque Write.as sur les pages. L’offre Pro démarre à 6 $ par mois en facturation annuelle, ou 9 $ en mensuel, et ajoute les thèmes personnalisés, les lettres d’information, l’hébergement de photos et jusqu’à trois blogs. L’offre Team commence à 25 $ par mois en annuel, ou 30 $ en mensuel, pour plusieurs rédacteurs. Une offre Enterprise est négociée au cas par cas.
Ce que ça ne protège pas
Publier sans compte n’est pas publier anonymement. L’exploitant voit l’adresse IP de connexion comme n’importe quel hébergeur, et un texte publié de cette façon ne peut être repris en main que si l’on a conservé le lien ou le jeton d’édition remis au moment de la publication : perdu, le billet ne peut plus être ni modifié ni supprimé par son auteur.
Le service est établi aux États-Unis et relève donc de la juridiction américaine, ce qui compte pour qui publie un contenu susceptible d’être contesté judiciairement. Un auteur en zone à risque ne doit pas confondre « sans compte » et « intraçable » : l’anonymat de publication est une question de chaîne complète — connexion, paiement, métadonnées du texte — qu’aucune plateforme ne règle à la place de son utilisateur.
La fédération ActivityPub a un effet irréversible qu’il faut anticiper : un billet relayé est recopié sur des serveurs tiers, et le supprimer chez soi ne garantit pas sa disparition ailleurs.
Enfin, auto-héberger WriteFreely déplace le problème sans le supprimer : on devient l’exploitant, et ce sont les journaux de son propre serveur qui enregistrent les visiteurs.
Face aux alternatives
Ghost vise un usage éditorial plus complet, avec gestion d’abonnés payants, et s’auto-héberge également. Bludit se contente de fichiers plats, sans base de données, pour un blog personnel hébergé où l’on veut. WordPress.com couvre un périmètre bien plus large, au prix d’une plateforme nettement plus exposée aux extensions tierces. Write.as est le choix de la publication dépouillée, sans mesure d’audience et sans configuration — à condition d’accepter la juridiction américaine et les limites de l’offre gratuite.
