Test & Avis Expert
AdGuard VPN est le service de réseau privé virtuel d'AdGuard Software Limited, société enregistrée à Limassol (Chypre). Il est vendu séparément du bloqueur de publicité du même éditeur et repose sur un protocole développé en interne plutôt que sur les protocoles standards du secteur.
Comment ça marche
Le principe est celui de tout VPN : le trafic de l'appareil est chiffré jusqu'à un serveur de l'éditeur, qui le réémet vers Internet. Le fournisseur d'accès ne voit plus les destinations, et les sites voient l'adresse du serveur. AdGuard annonce plus de 75 emplacements et un chiffrement AES-256. La particularité tient au transport : l'éditeur indique utiliser son propre protocole, sans en publier le nom ni les spécifications. Ce choix est généralement motivé par la résistance au blocage — un flux qui ne ressemble ni à WireGuard ni à OpenVPN est plus difficile à reconnaître et à couper. Une offre gratuite plafonnée à 3 Go de trafic par mois permet d'essayer le service.
Ce que ça ne protège pas
Le protocole maison est aussi la principale limite : n'étant ni documenté publiquement ni standardisé, il ne peut pas être examiné par des cryptographes extérieurs, et la mention AES-256 ne dit rien de la façon dont les clés sont négociées — c'est précisément là que se logent les erreurs d'implémentation. L'éditeur affirme ne conserver ni journaux d'activité ni journaux de connexion, mais aucun audit indépendant nommé et daté n'est mis en avant pour l'étayer, à la différence d'autres fournisseurs du marché. Au-delà, les limites communes à tous les VPN s'appliquent : le trafic reste visible d'un opérateur unique, et une adresse IP masquée ne fait rien contre les cookies, l'empreinte du navigateur ou une session ouverte sur un compte nominatif.
Face aux alternatives
Surfshark emploie des protocoles standards et fait vérifier sa politique de journalisation par un cabinet nommé, ce qui donne prise à l'examen externe là où AdGuard VPN demande d'être cru sur parole. Tor répartit la confiance sur trois relais indépendants mais ne convient pas aux usages exigeants en débit. Le cas où AdGuard VPN se défend le mieux est celui d'un réseau qui bloque activement les VPN connus : c'est la raison d'être d'un protocole non reconnaissable, et il faut alors accepter de l'utiliser sans pouvoir en vérifier la conception.
