Test & Avis Expert
Anytype est une base de connaissances local-first chiffrée de bout en bout, avec synchronisation pair-à-pair, disponible pour Windows, macOS, Linux, Android et iOS. Le projet est porté par Any Association, association de droit suisse, et la description couramment reprise d’un logiciel « open source » demande une nuance : le client est publié sous Any Source Available License 1.0, une licence à source disponible qui restreint l’usage commercial hors réseaux autorisés, tandis que le protocole de synchronisation any-sync est, lui, sous licence MIT.
Comment ça marche
Les données vivent d’abord sur l’appareil. La documentation décrit un chiffrement de bout en bout dont les clés ne sont détenues que par l’utilisateur : les serveurs de synchronisation ne stockent que des blocs chiffrés qu’ils ne peuvent pas lire. La synchronisation passe par le protocole any-sync, conçu pour la collaboration pair-à-pair sur des données chiffrées, et il est possible d’héberger soi-même un nœud de synchronisation plutôt que d’utiliser celui de l’éditeur.
Le modèle économique porte sur le stockage distant et la synchronisation, pas sur le logiciel : un palier gratuit existe, les adhésions payantes augmentent les limites de stockage, débloquent les canaux partagés sans limite et un identifiant personnalisé pour la publication web. Des réductions de 50 % sont annoncées pour les étudiants et les contributeurs.
Ce que ça ne protège pas
La licence est la première réserve. « Source disponible » n’est pas « libre » : le code est lisible et vérifiable, mais les droits d’usage sont limités, ce qui exclut certains usages professionnels et interdit de forker le projet comme on forkerait un logiciel sous GPL ou MIT. Le fait que la documentation grand public parle volontiers d’open source entretient une confusion qu’il vaut mieux lever avant de s’engager.
Le chiffrement ne couvre ensuite pas les métadonnées de synchronisation : le nœud voit la taille des objets, les horodatages et le graphe des appareils et des espaces partagés, même sans lire le contenu.
Le format est enfin propriétaire au projet. Contrairement à un dossier de fichiers Markdown, les données d’Anytype ne sont pas lisibles sans l’application : la portabilité dépend entièrement des fonctions d’export fournies par l’éditeur. Aucun audit de sécurité externe n’est publié à ce jour, et l’application reste étiquetée bêta sur plusieurs canaux de publication.
Face aux alternatives
Logseq et Obsidian conservent les notes en fichiers texte lisibles sans l’application, sans chiffrement de bout en bout par défaut. Joplin combine chiffrement de bout en bout et licence libre, avec une interface moins ambitieuse. Standard Notes et Notesnook chiffrent aussi par défaut et publient des audits, mais ne visent pas la base de connaissances structurée.
