Test & Avis Expert
Apple Health (l’app Santé) est l’application de centralisation des données de santé intégrée à iOS et iPadOS, éditée par Apple Inc. (Cupertino, États-Unis). Elle est propriétaire, gratuite, fournie avec le système, et alimentée par l’iPhone, l’Apple Watch, le Vision Pro, les AirPods Pro et des applications tierces via l’interface HealthKit.
Comment ça marche
Les données vivent dans une base locale chiffrée. Apple indique que l’ensemble des données de santé et de forme — à l’exception de la fiche médicale d’urgence — est chiffré et inaccessible par défaut lorsque l’appareil est verrouillé par code, Touch ID ou Face ID. Pour la synchronisation, la documentation d’Apple classe les données de santé parmi les catégories chiffrées de bout en bout dès la protection standard, sans qu’il soit nécessaire d’activer la protection avancée des données ; les clés restent sur les appareils de confiance, et Apple précise qu’avec iOS 12 et l’authentification à deux facteurs activée, elle ne peut pas lire les données de santé et d’activité synchronisées sur iCloud.
Les applications tierces doivent demander l’autorisation catégorie par catégorie, et justifier leur demande. Les règles de l’App Store (directive 5.1.3) leur interdisent d’utiliser les données HealthKit à des fins publicitaires ou de marketing, de les revendre à des tiers, et de les stocker sur iCloud.
Ce que ça ne protège pas
La protection s’arrête à la frontière de l’API. Dès qu’une application tierce obtient l’autorisation de lire une catégorie, elle en détient une copie régie par sa propre politique de confidentialité, hors du chiffrement de HealthKit. L’interdiction publicitaire de la directive 5.1.3 est une règle contractuelle contrôlée par la revue de l’App Store, pas un verrou technique : elle repose sur la détection des manquements, pas sur leur impossibilité.
Trois autres réserves. La fiche médicale d’urgence est, par conception, lisible depuis l’écran verrouillé de l’appareil. L’ensemble ne fonctionne que dans l’écosystème Apple : aucune version Android, et changer de plateforme impose un export manuel. Enfin, l’architecture entière repose sur la parole d’un éditeur propriétaire : le code n’est pas auditable, et la vérification se limite à ce qu’Apple documente.
Face aux alternatives
CommonHealth vise le même rôle sur Android, mais avec un périmètre états-unien et une couverture d’établissements de santé qui ne concerne pas la France. Gadgetbridge répond à un besoin voisin par l’autre bout : remplacer l’application du fabricant d’un bracelet ou d’une montre, sur Android, sans aucun accès réseau. Pour la partie synchronisation, les réserves sur iCloud valent ici aussi, même si la santé est l’une des catégories les mieux traitées du service.
