Test & Avis Expert
drip est une application de suivi de cycle menstruel et de fertilité pour Android et iOS, publiée sous licence GPLv3 ou ultérieure. Le projet est porté par un collectif berlinois et développé sur GitLab. Il a été financé par le Prototype Fund du ministère fédéral allemand de l’Éducation et de la Recherche (BMBF), l’Open Knowledge Foundation Germany et la Fondation Mozilla. La dernière version publiée sur F-Droid est la 1.2601.11, étiquetée le 11 janvier 2026 ; le dépôt reçoit toujours des commits, dont plusieurs en août 2026.
Comment ça marche
Toutes les saisies restent sur l’appareil : l’application ne comporte ni compte, ni serveur, ni synchronisation. Le calcul de la fenêtre fertile suit la méthode symptothermique — température au réveil et observation de la glaire cervicale — plutôt qu’une projection statistique sur les cycles passés. C’est une différence de nature : la méthode s’appuie sur des mesures du cycle en cours, ce qui la rend moins dépendante de la régularité, mais impose une discipline de relevé quotidienne.
Le financement par subventions publiques et par des fondations explique l’absence de modèle commercial : pas de version payante, pas de publicité, pas de revente de données parce qu’il n’y a aucune donnée côté serveur à revendre.
Ce que ça ne protège pas
L’absence de synchronisation est une garantie et un défaut : une perte, un vol ou une réinitialisation du téléphone efface l’intégralité des données si aucune sauvegarde manuelle n’a été faite. L’application propose un export, mais il faut penser à le faire et à ranger le fichier quelque part de sûr — ce fichier, lui, n’est pas chiffré par l’application.
Le stockage local ne protège pas d’un accès physique au téléphone déverrouillé, ni d’une réquisition de l’appareil. Pour un modèle de menace qui inclut une saisie du matériel, la seule ligne de défense sérieuse est le chiffrement du téléphone et un code solide, pas l’application.
Il faut enfin être clair sur l’usage contraceptif : la méthode symptothermique bien appliquée a un taux d’échec documenté qui la rend inadaptée à une personne pour qui une grossesse serait un problème majeur, et l’application ne fait qu’enregistrer des relevés — elle ne valide pas la qualité de la mesure. Elle n’est pas un dispositif médical.
Face aux alternatives
Euki répond au même besoin avec un contenu éditorial nettement plus riche sur la contraception et l’avortement, mais uniquement en anglais et en espagnol, et son application Android déclare la permission réseau — drip est ici plus strict. Face aux applications commerciales de suivi de cycle, le compromis est explicite : pas de synchronisation multi-appareils, pas de statistiques élaborées, en échange de l’absence totale de serveur.
