Test & Avis Expert
AutoSleep est une application iOS payante de suivi du sommeil, éditée par Tantsissa Holdings Pty Ltd, société australienne basée à Sydney. Elle est vendue 9,99 € en achat unique sur l’App Store français, sans abonnement. Elle exploite les mesures d’une Apple Watch — durée, qualité, fréquence cardiaque, phases, oxygénation, fréquence respiratoire — sans que l’utilisateur ait à déclarer ses heures de coucher.
Comment ça marche
AutoSleep ne mesure rien lui-même : il lit et écrit dans HealthKit, la base santé locale d’iOS. Il demande l’autorisation de lire la fréquence cardiaque, l’énergie active et les données de sommeil, et peut écrire une analyse de sommeil si l’utilisateur le demande. Toute la déduction — repérer l’endormissement et les réveils à partir du mouvement et du rythme cardiaque — s’exécute sur l’iPhone.
Le développeur déclare, dans sa page de confidentialité, qu’AutoSleep n’embarque aucun traceur d’analytique, aucun module publicitaire, aucun code tiers, et n’envoie aucune donnée vers un serveur. La fiche App Store confirme l’étiquette « Aucune donnée collectée ». Le modèle économique est cohérent avec ces affirmations : l’application est vendue une fois, il n’y a rien à monétiser en aval.
Ce que ça ne protège pas
La brique sur laquelle repose AutoSleep est une Apple Watch, c’est-à-dire un appareil propriétaire appairé à un identifiant Apple. L’application ne change rien à ce que la montre et l’iPhone transmettent à Apple par ailleurs, ni à la synchronisation iCloud des données de santé, gouvernée par Apple Health et non par AutoSleep. Acheter une application locale sur un matériel dépendant d’un compte en ligne ne rend pas la chaîne locale.
Les déclarations du développeur sont invérifiables : le code est fermé, et l’étiquette de confidentialité de l’App Store est une déclaration de l’éditeur, contrôlée par échantillonnage, non par audit. La confiance repose ici sur un éditeur indépendant, sans société d’analytique derrière lui — c’est un bon signal, pas une preuve.
Enfin, un suivi de sommeil n’est pas un examen : les phases déduites d’un accéléromètre et d’un capteur optique ne remplacent pas une polysomnographie, et l’application ne pose aucun diagnostic.
Face aux alternatives
HeartWatch, du même éditeur et au même prix, couvre le versant cardiaque avec la même architecture. Sur Android, Gadgetbridge répond au même besoin par une voie plus radicale : remplacer l’application du fabricant et se passer de tout compte, au prix d’une prise en charge inégale selon le modèle de montre. Face aux applications gratuites de suivi du sommeil, le compromis d’AutoSleep est un prix d’entrée en échange de l’absence de régie publicitaire.
