Test & Avis Expert
ExifTool est une bibliothèque Perl et un outil en ligne de commande qui lit, modifie et supprime les métadonnées d’un très grand nombre de formats d’image, de son et de vidéo. Il est écrit et maintenu par Phil Harvey depuis plus de vingt ans, sous les mêmes termes de licence que Perl (Artistic License ou GPL). Il fonctionne sur Windows, macOS, Linux et tout système disposant de Perl 5.004 ou plus récent. La version 13.59 date du 27 mai 2026, avec des publications très fréquentes.
Comment ça marche
L’outil travaille sur les fichiers, localement, sans réseau ni service. Sa force est la couverture : il connaît les champs propriétaires de centaines de modèles d’appareils photo, les blocs XMP, IPTC, ICC, les métadonnées de conteneurs vidéo et les sections d’extension de la plupart des formats. La commande exiftool -all= fichier supprime les métadonnées accessibles.
Il n’y a ni compte, ni modèle économique : l’auteur accepte des dons. C’est aussi la brique sur laquelle reposent beaucoup d’outils graphiques et de greffons, y compris ceux de Piwigo.
Ce que ça ne protège pas
La documentation d’ExifTool est d’une honnêteté rare sur ses propres limites, et il faut les reprendre telles quelles : l’outil ne garantit pas la suppression complète des métadonnées. Le détail par format compte. Sur JPEG, la suppression est fiable — les segments APP, sauf Adobe APP14, et les données en fin de fichier sont retirés. Sur TIFF, XMP, IPTC, le profil ICC et l’ExifIFD sont supprimés, mais des champs EXIF peuvent subsister dans l’IFD0. Sur PNG, seuls XMP, EXIF, ICC et les blocs textuels natifs partent. Sur les formats RAW, la suppression totale est déconseillée : elle détruit des informations propriétaires nécessaires au rendu correct de l’image. Et sur les PDF, les métadonnées d’origine ne sont jamais réellement effacées : elles sont marquées comme obsolètes, et l’opération est réversible.
Conséquence pratique : pour un PDF destiné à être diffusé, ExifTool ne suffit pas ; il faut reconstruire le document. Par ailleurs, l’outil s’adresse à la ligne de commande — une erreur de syntaxe peut écraser un original, et l’option qui conserve une copie de sauvegarde n’est pas toujours active selon la façon dont on l’invoque.
Enfin, retirer les métadonnées ne retire pas ce que l’image montre, ni les caractéristiques du capteur inscrites dans les pixels eux-mêmes.
Face aux alternatives
MAT2 vise précisément le point faible d’ExifTool : il reconstruit certains formats plutôt que de les modifier, ce qui donne un résultat plus sûr sur les documents, PDF compris. ExifCleaner offre une interface graphique par glisser-déposer pour un usage occasionnel. Sur iOS, Metapho couvre le besoin, moyennant un achat. ExifTool reste l’outil de référence pour l’inspection et le traitement en lot, à condition d’avoir lu ce que sa documentation dit de ses limites.
