Test & Avis Expert
Piwigo est une galerie photo auto-hébergeable publiée sous licence GPLv2, développée depuis 2002 par une communauté de contributeurs et accompagnée d’une société française qui en commercialise l’hébergement. La version 16.4.0 a été publiée le 3 mai 2026. L’interface est traduite dans de nombreuses langues, dont le français.
Comment ça marche
Installé sur son propre serveur, Piwigo est une application PHP classique : il demande un serveur web Nginx ou Apache, PHP 8.2 ou plus, MySQL 5.6 ou MariaDB 10.1 au minimum, et ImageMagick ou GD pour la génération des vignettes. Les photos restent sur le serveur que l’on contrôle, avec une gestion fine des utilisateurs, des groupes et des permissions par album. Les greffons de métadonnées s’appuient sur ExifTool, et la lecture vidéo sur ffmpeg.
À côté de cela existe une offre hébergée, Piwigo Cloud, présentée comme hébergée en France et sous réglementation européenne, sans transfert aux États-Unis. Sa grille publiée commence à 32 € par mois facturés annuellement pour 10 Go et un administrateur, puis 109 € pour 100 Go, 219 € pour 250 Go et 439 € pour 1 To. Des offres de support pour installations auto-hébergées sont proposées de 43 à 165 € par mois.
Ce que ça ne protège pas
Il faut être clair sur le positionnement : le logiciel est gratuit, l’offre hébergée ne l’est pas et s’adresse désormais à des organisations — le premier palier à 32 € par mois n’est pas une offre grand public. Un particulier qui ne veut pas administrer de serveur n’a pas d’entrée abordable ici.
Auto-héberger déplace le risque plutôt qu’il ne le supprime. Une application PHP exposée sur Internet doit être mise à jour, son hébergeur voit les fichiers stockés, et Piwigo ne chiffre pas les photos : elles sont sur le disque du serveur, lisibles par quiconque y accède, y compris l’hébergeur mutualisé. La confidentialité repose sur les permissions de l’application et sur la sécurité du serveur, pas sur de la cryptographie.
Les albums privés protègent d’un visiteur, pas d’un administrateur ni d’une compromission du serveur. Et les métadonnées EXIF des photos téléversées sont conservées, voire indexées par les greffons : publier un album, c’est potentiellement publier des coordonnées GPS.
Face aux alternatives
Immich répond au même besoin avec une approche moderne orientée sauvegarde depuis le mobile et reconnaissance locale, mais demande Docker et une machine plus capable. PhotoPrism occupe une position voisine. Ente Photos est le seul de cette famille à chiffrer de bout en bout, au prix d’un service hébergé payant et d’un contrôle moindre sur l’infrastructure. Nextcloud couvre la photo parmi d’autres usages. Piwigo garde un avantage réel : il tourne sur un hébergement mutualisé PHP ordinaire, là où ses concurrents demandent un serveur à soi.
