Test & Avis Expert
GoatCounter est un compteur de visites minimaliste écrit par Martin Tournoij, livré en binaire unique fonctionnant avec SQLite ou PostgreSQL. Il est publié sous une version légèrement modifiée de l’European Union Public Licence 1.2 — l’appendice des licences compatibles en retire certaines, le texte étant par ailleurs identique — tandis que le script d’intégration count.js est sous licence ISC pour en faciliter la reprise. La dernière version publiée est la v2.7.0, du 15 décembre 2025, le dépôt recevant encore des commits en septembre 2026.
Comment ça marche
L’ingestion peut passer par un script JavaScript, par l’API ou par l’analyse des journaux du serveur, ce dernier mode ne déposant strictement rien chez le visiteur. Aucun identifiant unique n’est attribué et aucun cookie n’est écrit, l’auteur en déduisant l’absence de nécessité d’un bandeau de consentement. Le contrôle sur ce qui est collecté est décrit comme fin : chaque catégorie de donnée peut être désactivée.
Le modèle économique est inhabituel : le service hébergé par l’auteur est gratuit pour un usage public raisonnable — sites personnels, petites et moyennes structures — et les dons passent par GitHub Sponsors. L’auteur écarte explicitement les très gros volumes, de l’ordre de plusieurs millions de pages vues par jour, qui doivent s’auto-héberger.
Ce que ça ne protège pas
« Pas d’identifiant unique » n’est pas « pas de donnée ». GoatCounter enregistre le navigateur, le pays, la taille de l’écran et le référent. La combinaison de ces éléments, sur un site à faible trafic, n’est pas toujours aussi peu identifiante qu’il y paraît — c’est le principe même de l’empreinte de navigateur, appliqué ici à un jeu d’attributs volontairement réduit mais non nul.
Le service hébergé est gratuit sans engagement de service : il repose sur une seule personne, sans contrat, et la notion d’« usage raisonnable » est appréciée par l’auteur. Pour un site professionnel, c’est un point à peser — l’auto-hébergement supprime cette dépendance mais transfère la charge d’administration et de sauvegarde.
Enfin, l’outil est délibérément minimaliste : pas d’entonnoirs, pas de segmentation approfondie, pas d’attribution multi-canal. Ce n’est pas un défaut, c’est le périmètre assumé, mais il faut vérifier qu’il suffit avant de migrer.
Face aux alternatives
Umami est plus riche visuellement et reste sous licence MIT, au prix d’une pile Node.js et PostgreSQL. Plausible Analytics propose un service hébergé sous contrat, payant et sans offre gratuite permanente. Matomo répond à un besoin d’analyse d’un autre ordre et n’a pas de sens si l’objectif est simplement de savoir quelles pages sont lues.
