Test & Avis Expert
Matomo est une plateforme de mesure d’audience web, publiée sous GPL-3.0-or-later, installable sur son propre serveur ou utilisable en service hébergé. L’édition Community auto-hébergée est gratuite et sans limite de trafic ni d’utilisateurs. Matomo 6.0.0 demande PHP 8.1 ou plus récent, MySQL 8.0 ou MariaDB 10.6 ou plus récents, les extensions pdo et pdo_mysql ou mysqli, et fonctionne derrière Apache, Nginx, IIS ou LiteSpeed.
Comment ça marche
En auto-hébergement, les données de visite n’atteignent aucun tiers : elles vont du navigateur du visiteur à votre serveur et s’écrivent dans votre base. C’est la différence structurelle avec une régie publicitaire, qui recoupe les visites entre les sites de ses clients. Matomo peut ingérer le trafic par un script JavaScript, par une image de suivi, par l’API ou par analyse des journaux du serveur, ce dernier mode n’exigeant aucun code sur la page.
Le modèle économique est double. L’édition Community est gratuite ; des extensions officielles payantes (cartes de chaleur, enregistrements de sessions, entonnoirs, tests A/B) s’achètent séparément, et l’éditeur vend des offres On-Premise groupées — Team à 275 € par mois, Business à 1 450 €, Enterprise à 3 400 € en facturation annuelle — ainsi que Matomo Cloud à partir de 29 € par mois, hébergé à Francfort, en Allemagne.
Ce que ça ne protège pas
Le point le plus souvent mal compris : Matomo n’est pas exempté de consentement par défaut. L’anonymisation des adresses IP, le suivi sans cookie, la durée de conservation et le lien de retrait sont des réglages d’administration, et la documentation de l’éditeur se borne à indiquer que « certaines configurations de Matomo peuvent être utilisées sans consentement », en renvoyant aux règles nationales. Une installation laissée telle quelle collecte des identifiants persistants et relève, en France, du régime du consentement.
Auto-héberger déplace la responsabilité sans la supprimer : une instance non mise à jour, mal sauvegardée ou dont le tableau de bord est exposé publiquement devient une fuite de données de navigation à part entière. Le volume de données produit par Matomo n’est par ailleurs pas négligeable et impose une véritable administration de base.
Enfin, Matomo mesure le comportement des visiteurs. Il est moins intrusif que les outils publicitaires, mais il reste un dispositif de surveillance du côté de l’éditeur du site : conserver la donnée chez soi ne la rend pas inoffensive pour le visiteur.
Face aux alternatives
Plausible Analytics et Umami renoncent d’emblée aux identifiants persistants, ce qui simplifie radicalement la question du consentement mais réduit la finesse d’analyse. GoatCounter va plus loin dans le minimalisme. Matomo reste le seul des quatre à couvrir l’analyse d’audience détaillée, à un coût en administration et en conformité plus élevé.
