Test & Avis Expert
HomeKit est le cadre domotique d'Apple, piloté depuis l'application Maison présente sur iPhone, iPad, Mac, Apple Watch et Apple TV. Il s'adresse à qui possède déjà du matériel Apple et préfère une installation qui fonctionne sans configuration serveur.
Comment ça marche
Apple décrit le principe ainsi : « Vos accessoires sont contrôlés par vos appareils Apple plutôt que par le cloud, et les communications sont chiffrées de bout en bout. » Les commandes partent donc du téléphone ou du boîtier domestique vers l'accessoire, sans que le contenu soit lisible par un serveur intermédiaire. Apple précise également que « les données de votre application Maison sont stockées d'une manière qu'Apple ne peut pas lire ». Pour l'accès à distance et l'exécution des automatisations en l'absence des occupants, un boîtier domestique est nécessaire : HomePod, HomePod mini ou Apple TV. Le support de Matter, la norme interplateforme du secteur, élargit la liste des accessoires compatibles.
Ce que ça ne protège pas
La garantie repose entièrement sur la parole d'Apple. Le code n'est pas publiable ni vérifiable par un tiers : le chiffrement de bout en bout est affirmé, il ne peut pas être audité de l'extérieur. C'est le compromis central de cette fiche, et il est structurel, non accidentel.
Les autres limites sont matérielles et commerciales. HomeKit suppose de posséder du matériel Apple, et un boîtier domestique supplémentaire dès qu'on veut piloter son logement à distance. HomeKit Secure Video, la fonction qui analyse les flux de caméra, exige selon Apple « un forfait iCloud+ compatible, une caméra de sécurité compatible HomeKit, et un HomePod ou une Apple TV servant de boîtier domestique » : la vidéo est donc un service payant lié à iCloud. Par ailleurs, le fait qu'un accessoire soit compatible HomeKit n'empêche pas son fabricant de collecter des données par sa propre application, en parallèle : HomeKit sécurise son canal, pas les autres. Enfin, l'ensemble est sans porte de sortie — quitter l'écosystème Apple oblige à reconstruire l'installation ailleurs.
Face aux alternatives
Home Assistant occupe la position symétrique : logiciel libre, installé chez soi, compatible avec un nombre d'appareils sans commune mesure, et données entièrement sous contrôle — au prix d'un serveur à administrer, de mises à jour mensuelles et d'un accès distant à sécuriser soi-même. Le choix se ramène à ceci : faire confiance à un acteur unique dont le code est fermé mais dont le service fonctionne sans entretien, ou assumer le travail technique pour n'avoir à faire confiance à personne. Les deux peuvent coexister, Home Assistant sachant exposer ses appareils à l'application Maison.
