Test & Avis Expert
openHAB est une plateforme domotique écrite en Java, neutre vis-à-vis des fabricants, conçue pour un contrôle entièrement local. Licence EPL-2.0. Elle s’installe sur Linux, Windows, macOS, OpenBSD, en Docker, ou via openHABian, une image prête à l’emploi recommandée pour Raspberry Pi. La version stable est la 5.2.1, la branche 5.3 étant en préparation au moment de la rédaction. Le projet est porté par la openHAB Foundation et développé par des bénévoles ; il est gratuit et sans offre commerciale.
Comment ça marche
openHAB impose une modélisation en couches qui déroute au premier abord mais explique sa robustesse. Un « binding » établit le lien avec un protocole ou un appareil ; il crée des « Things », représentations logicielles des équipements ; chaque Thing expose des « Channels » ; ces canaux sont reliés à des « Items », qui sont les données abstraites manipulées par les règles et les interfaces. Conséquence pratique : remplacer un interrupteur d’une marque par celui d’une autre se fait en rebranchant un canal, sans réécrire les automatisations.
Techniquement, la plateforme repose sur OSGi avec Apache Karaf comme conteneur, Eclipse Equinox comme environnement d’exécution et Jetty comme serveur HTTP. Elle fonctionne comme un concentrateur sur votre réseau local : aucune connexion sortante n’est requise pour piloter les équipements. Le service myopenHAB, qui permet l’accès à distance et l’intégration avec des assistants vocaux, est explicitement optionnel.
Ce que ça ne protège pas
Activer myopenHAB fait remonter l’état de votre installation à un service tiers et ouvre un canal permanent vers votre domicile. C’est le point de bascule pour la vie privée, et il est réversible : on peut très bien s’en passer et accéder à son installation par un VPN.
Comme pour toute plateforme domotique, « contrôle local » qualifie openHAB et non vos appareils. Un binding qui pilote un équipement dont le seul protocole est l’API du fabricant fait passer chaque commande par les serveurs de ce fabricant. Il faut regarder binding par binding.
Deux contraintes techniques enfin. openHAB exige Java, avec la consommation mémoire correspondante : le projet recommande un Raspberry Pi 4 avec 2 Go de mémoire et une carte de 16 Go, et davantage si d’autres services tournent sur la même machine. Et la courbe d’apprentissage est réelle — la modélisation Things/Channels/Items, qui fait la force de l’outil à long terme, demande plusieurs heures avant que la première automatisation fonctionne.
Face aux alternatives
Home Assistant est plus immédiat et découvre davantage d’appareils automatiquement, avec une communauté beaucoup plus nombreuse ; en contrepartie, ses mises à jour mensuelles introduisent régulièrement des ruptures. ioBroker se rapproche d’openHAB par la richesse de ses adaptateurs mais s’appuie sur une communauté surtout germanophone. Domoticz est nettement plus léger. openHAB convient à qui veut une installation durable et documentée, et accepte d’y passer du temps au départ.
