Test & Avis Expert
KeePassDX est un gestionnaire de mots de passe pour Android, publié sous licence GPL-3.0 par Kunzisoft (Jeremy Jamet). Il ne dispose d’aucun serveur : il ouvre, déchiffre et modifie un fichier de coffre au format KeePass stocké sur l’appareil. La version 4.5.4 a été publiée le 10 septembre 2026 ; le dépôt recevait encore des commits le 15 septembre 2026.
Comment ça marche
L’application lit et écrit les formats .kdb et .kdbx 1 à 4, ceux que produisent KeePassXC, KeePass et KeeWeb. Le fichier entier est chiffré avec AES, Twofish ou ChaCha20 selon le choix fait à la création, la clé étant dérivée du mot de passe maître par Argon2 (ou AES-KDF sur les bases anciennes). Un fichier-clé et une clé matérielle peuvent s’ajouter au mot de passe. Rien de tout cela ne passe par le réseau : le seul secret en jeu est celui que l’utilisateur tape, et le seul endroit où vivent les données est le fichier qu’il a choisi.
S’y ajoutent le remplissage automatique via le service d’autofill d’Android, un clavier dédié (Magikeyboard) pour les applications qui ignorent l’autofill, la génération de codes TOTP et HOTP, et le stockage de passkeys dont les clés privées restent dans le coffre. Deux variantes coexistent : une version libre distribuée sur F-Droid et une version publiée sur le Play Store ; une application d’achat séparée débloque des thèmes et des options de confort. Le chiffrement et la protection des données sont identiques dans tous les cas, l’achat relève du soutien au développement.
Ce que ça ne protège pas
Il n’y a aucune synchronisation intégrée. Le fichier de coffre est un fichier ordinaire : c’est à l’utilisateur de le recopier vers un autre appareil, par Syncthing, Nextcloud ou un service de stockage, avec les conflits de version et les risques de perte que cela implique. Un coffre déposé chez un hébergeur tiers lui livre le fichier chiffré et ses métadonnées : sa taille, sa date de modification, la fréquence à laquelle il change — autant d’indices sur l’activité du propriétaire.
Le mot de passe maître n’est récupérable par personne. Une perte est définitive, sans procédure de secours, ce qui est la contrepartie directe de l’absence de serveur. Enfin, le remplissage automatique dépend du service système d’Android : il peut proposer la mauvaise entrée, et il n’est pas une protection contre une application malveillante déjà installée sur le téléphone.
Face aux alternatives
KeePassXC couvre le même format sur ordinateur et forme le couple habituel avec KeePassDX ; KeePassium occupe la même place sur iOS et macOS. Face à Bitwarden ou Proton Pass, le compromis est net : KeePassDX supprime le serveur, donc la surface d’attaque et la dépendance à un éditeur, mais reporte sur l’utilisateur la synchronisation, la sauvegarde et le partage.
