Test & Avis Expert
KeePassium est un client KeePass pour iOS et macOS, édité par KeePassium Labs, société à responsabilité limitée immatriculée au Luxembourg (RCS B275042, 19 rue de l’Industrie, Bertrange), dirigée par Andrei Popleteev. Le code est publié sur GitHub ; le dépôt public recevait son dernier envoi le 23 mai 2026.
Comment ça marche
L’application ouvre les fichiers .kdbx produits par les autres logiciels KeePass. Comme eux, elle ne possède pas de serveur : la clé est dérivée localement du mot de passe maître, du fichier-clé et, en option, d’une YubiKey, et le contenu déchiffré ne quitte jamais l’appareil. KeePassium Labs ne voit donc ni les entrées, ni le fichier lui-même. Le stockage reste entièrement à la charge de l’utilisateur, par le sélecteur de fichiers d’iOS : iCloud Drive, Dropbox, un partage WebDAV ou un dossier local.
Le modèle économique est un abonnement. La version gratuite existe mais se limite à une base de données unique ; l’offre Premium est facturée 19,99 € par an, une licence Pro perpétuelle 79,99 €, et une offre Business 36 € par utilisateur et par an. Le remplissage automatique, le déverrouillage biométrique, les codes TOTP, les pièces jointes et la prise en charge des clés matérielles relèvent des offres payantes.
Ce que ça ne protège pas
Le coût est la première limite concrète : sur un usage courant, l’essentiel de ce qui rend un gestionnaire de mots de passe utilisable au quotidien sur téléphone — remplissage automatique et déverrouillage biométrique — est derrière l’abonnement. Une fiche honnête doit le dire avant, pas après.
La seconde limite tient au stockage. KeePassium ne synchronise rien lui-même : il lit un fichier là où le système le lui présente. Si ce fichier vit sur iCloud Drive ou Dropbox, le fournisseur détient le coffre chiffré et ses métadonnées (taille, horodatage, fréquence de modification) et reste soumis aux réquisitions de sa propre juridiction. Le chiffrement tient, l’observation du rythme d’usage non.
Enfin, la licence du code n’est pas celle d’un projet communautaire ordinaire : le dépôt est publié sous des conditions propres à l’éditeur, et la construction d’une version indépendante depuis les sources n’est pas l’usage prévu. Le mot de passe maître perdu reste, ici aussi, définitivement perdu.
Face aux alternatives
KeePassDX remplit le même rôle sur Android sans abonnement, et KeePassXC ouvre le même fichier sur ordinateur sans rien facturer : le trio partage le format, pas le modèle économique. Face à Bitwarden ou Proton Pass, dont les offres gratuites incluent la synchronisation et le remplissage automatique, le choix se joue sur ce que l’on préfère confier à un tiers : un serveur de coffres, ou un simple espace de stockage de fichiers.
