Test & Avis Expert
KelVPN est un service de VPN décentralisé développé par Demlabs et adossé à la chaîne de blocs Cellframe. Des applications existent pour Windows, macOS, Linux et Android, ainsi qu’un paquet Raspbian 12 ; l’éditeur indique une version iOS en développement. L’accès se fait par clé plutôt que par couple identifiant et mot de passe, et le paiement se fait en cryptomonnaie, l’éditeur annonçant l’arrivée de la carte bancaire.
Comment ça marche
Les serveurs de sortie sont tenus par des participants qui immobilisent des jetons KEL et exposent une adresse IP publique, et non par un opérateur unique. L’application sélectionne automatiquement le nœud jugé le plus performant. L’éditeur revendique l’emploi de « post-quantum technologies » censées résister à un adversaire disposant d’un ordinateur quantique, et l’absence de collecte de données personnelles.
Le modèle économique repose sur le jeton KEL et sur la mise en jeu par les opérateurs de nœuds. Les programmes de récompense de Cellframe et KelVPN ont été resserrés : l’éditeur a annoncé qu’à compter du 1er octobre 2025, les nouvelles mises n’ouvriraient plus droit aux récompenses, avec un pool limité pour la période suivante.
Ce que ça ne protège pas
Les affirmations cryptographiques ne sont pas vérifiables par un tiers. La feuille de route publique de Cellframe présente un audit de code externe comme une étape encore à venir ; en l’absence d’un tel audit, une implémentation post-quantique reste une déclaration de l’éditeur, et une implémentation maison de primitives récentes est plutôt un facteur de risque qu’un gage de solidité.
Le reste des limites est celui de tous les VPN décentralisés : le nœud de sortie voit le trafic déchiffré, sans qu’on sache qui l’opère, depuis quelle juridiction et sous quelle politique de journalisation. La mise en jeu de jetons filtre les opérateurs selon leur capital, pas selon leur honnêteté.
Enfin, la viabilité du service dépend d’un écosystème de jetons dont les incitations ont déjà été réduites. Un réseau dont la rémunération des nœuds diminue voit sa capacité diminuer ; c’est un paramètre à surveiller avant d’en faire une dépendance.
Face aux alternatives
Sentinel et Mysterium VPN partagent le modèle sans les revendications post-quantiques. Pour un besoin de résistance à la censure, Tor et ses transports enfichables ont un historique d’attaques documenté et de contre-mesures publiées que KelVPN n’a pas. Pour un besoin de VPN simple, Mullvad et IVPN publient leurs audits.
