Test & Avis Expert
Lumo est l’assistant conversationnel de Proton AG, société suisse dont le siège est à Plan-les-Ouates, dans le canton de Genève. Il s’utilise depuis un navigateur sur lumo.proton.me et par des applications Android et iOS. Il existe une offre gratuite, utilisable sans compte, et un abonnement Lumo Plus. Le service est propriétaire : c’est un service hébergé, pas un logiciel que l’on installe.
Comment ça marche
Proton n’entraîne pas ses propres modèles et n’envoie pas les requêtes à OpenAI ou à un fournisseur chinois. La documentation d’assistance indique que Lumo fait tourner des modèles à sources ouvertes sur les serveurs de Proton, en Europe, et cite quatre modèles utilisés : Qwen 3.5, GLM 5.2, Image-Turbo et FireRed-Image-Edit-1.1.
La requête voyage en TLS, puis une couche de chiffrement asymétrique fait que seuls les serveurs GPU de Lumo peuvent la déchiffrer. Proton écrit qu’une fois la réponse produite, les données sont effacées et qu’aucun journal de conversation n’est conservé côté serveur. L’historique que vous choisissez de sauvegarder est stocké en chiffrement à accès zéro : il est chiffré avec les clés de votre compte Proton et ne se déchiffre que sur votre appareil. Un mode fantôme permet une conversation qui disparaît à la fermeture. Proton déclare aussi ne pas utiliser les échanges pour entraîner les modèles. Le modèle économique est l’abonnement, pas la publicité.
Ce que ça ne protège pas
Le point à comprendre, et il est structurel : ce n’est pas du chiffrement de bout en bout. Pour produire une réponse, le serveur GPU doit lire votre question en clair. Le chiffrement à accès zéro protège la conservation de l’historique, pas le traitement. Ce que vous tapez est vu par une machine que vous ne contrôlez pas, et la garantie tient à une promesse d’effacement, pas à une impossibilité mathématique. Aucun audit public ne porte spécifiquement sur ce pipeline d’inférence.
Le plan gratuit est borné : nombre de messages, taille de l’historique, générations d’images et nombre de projets sont limités, sans que Proton publie les seuils chiffrés. Deux fonctions font sortir des données du périmètre : la recherche web, qui émet des requêtes vers l’extérieur, et le téléversement de fichiers, qui envoie le document sur les serveurs pour analyse. Enfin, il n’existe pas d’application de bureau.
Face aux alternatives
Ensu répond à la question autrement : le modèle tourne sur votre machine, rien ne part, mais il est beaucoup plus petit et donc moins capable. Euria occupe une position très proche de Lumo — hébergement suisse, pas d’entraînement sur les échanges — avec un mode éphémère comparable au mode fantôme, et un accès gratuit sans compte. Duck.ai ne fait pas tourner les modèles lui-même : il sert d’intermédiaire vers des fournisseurs tiers, ce qui déplace la confiance sur deux acteurs au lieu d’un. Le compromis de Lumo est d’accepter un traitement serveur en échange de modèles utilisables, chez un éditeur dont le reste de la gamme (Proton Mail, Proton Drive) repose sur du chiffrement réellement de bout en bout.
