Test & Avis Expert
Rocket.Chat est une plateforme de messagerie d’équipe auto-hébergeable — salons, appels, partage de fichiers, déploiement possible en environnement isolé du réseau — éditée par Rocket.Chat Technologies Corp. Clients web, Windows, macOS, Linux, Android et iOS. La licence est mixte et le fichier LICENSE du dépôt le formule sans ambiguïté : tout ce qui réside dans les répertoires « apps/meteor/ee/ » et « ee/ » relève d’une licence propriétaire distincte, le reste étant disponible sous licence MIT. La version 8.8.1 a été publiée le 9 septembre 2026.
Comment ça marche
En auto-hébergement, les messages, les fichiers et les comptes vivent sur votre serveur et dans votre base MongoDB. Le chiffrement de bout en bout existe et se configure salon par salon ; il n’est pas actif par défaut, et lorsqu’il ne l’est pas, l’administrateur du serveur lit les messages.
Le modèle économique repose sur deux paliers gratuits et des offres commerciales. Selon la documentation de l’éditeur, Starter accepte jusqu’à 50 utilisateurs et Community jusqu’à 100 utilisateurs connectés simultanément ; les notifications push sont illimitées en Starter mais plafonnées à 10 000 par mois en Community. Au-delà, l’éditeur propose des offres Commercial, Government et Defense dont les tarifs ne sont pas publiés : il faut passer par un commercial. L’offre Pro, à 8 $ par utilisateur et par mois, est passée en statut hérité le 29 avril 2026 et n’est plus commercialisée.
Ce que ça ne protège pas
La documentation de l’éditeur qualifie elle-même Community de non adaptée à un déploiement en production. C’est une information à prendre au sérieux avant de bâtir la communication interne d’une organisation dessus : le palier gratuit est présenté comme un terrain d’évaluation, pas comme une solution pérenne.
L’opacité tarifaire est une limite en soi. Un outil dont le prix n’est connu qu’après un échange commercial ne permet pas d’évaluer le coût total de possession, et le plafonnement des notifications push en Community est le type de contrainte qui se découvre en exploitation.
Sans chiffrement de bout en bout activé, l’administrateur voit tout ; avec lui, les métadonnées — qui parle à qui, quand, dans quel salon — restent de toute façon dans la base. Enfin, la pile est lourde : Node.js, MongoDB, sauvegardes, mises à jour de sécurité fréquentes sur un produit à surface fonctionnelle très large.
Face aux alternatives
Zulip est intégralement sous Apache-2.0, sans répertoire réservé à une édition payante, et son organisation par fils de discussion convient mieux aux échanges asynchrones ; il n’a pas de chiffrement de bout en bout. Matrix / Element chiffre de bout en bout par défaut dans les salons privés et fédère les serveurs, au prix d’une administration plus délicate. Stoat vise la communauté plutôt que l’entreprise et ne chiffre pas de bout en bout.
