Test & Avis Expert
Skales est un agent d’intelligence artificielle qui s’installe comme application de bureau (Windows 10 et 11, macOS 11 et suivants, Ubuntu 20 et suivants, Fedora 36 et suivants, Debian) et comme application Android et iOS. Il est développé seul par Mario Simic, à Vienne, en Autriche. Le code est publié sur github.com/skalesapp/skales sous Business Source License 1.1 : gratuit pour l’usage personnel, éducatif et interne en entreprise, avec conversion automatique en Apache 2.0 en 2030. Un usage commercial concurrent demande une licence écrite.
Comment ça marche
Skales n’est pas un fournisseur de modèle, c’est une couche d’orchestration au-dessus d’un modèle que vous choisissez. Il embarque un jeu d’outils (le site en annonce 286), une mémoire, un planificateur, de l’automatisation du bureau et du navigateur, et des portes d’approbation qui font valider les actions avant exécution.
Le point qui décide de tout, côté vie privée, est le choix du moteur. Deux voies. Soit un moteur local — Skales Local, ou une instance Ollama, LM Studio ou tout point d’accès compatible OpenAI : dans ce cas rien ne sort de la machine et l’outil fonctionne hors ligne. Soit un fournisseur distant : le projet en annonce une vingtaine, dont Claude, GPT, Gemini, Mistral ou DeepSeek, avec vos propres clés d’API. Les appels partent alors directement de votre ordinateur vers ce fournisseur, sans relais par un serveur de Skales. Les conversations, la mémoire et les fichiers sont conservés localement dans un répertoire de votre profil utilisateur, sans sauvegarde en ligne. L’application elle-même est gratuite ; vous payez le fournisseur de modèle, ou rien du tout en local.
Ce que ça ne protège pas
En mode distant, Skales ne change rien à ce que voit le fournisseur : votre invite, vos fichiers joints et le contenu que l’agent lit pour vous partent chez OpenAI, Anthropic ou Google, et y sont soumis à leur politique de conservation, pas à celle de Skales. L’architecture « vos clés, votre machine » supprime l’intermédiaire, pas le destinataire.
Le modèle de menace propre aux agents est le second point. Un outil qui automatise le bureau et le navigateur avec exécution de code dispose, par construction, des droits de votre session. Les portes d’approbation sont la seule barrière entre une instruction mal interprétée — ou injectée par une page web lue par l’agent — et une action réelle sur vos fichiers. Les désactiver pour gagner du temps supprime cette barrière.
Enfin, deux réserves de gouvernance : la BUSL-1.1 n’est pas une licence libre au sens de l’OSI avant 2030, et le projet repose sur un seul développeur, ce qui en fait un point de défaillance unique.
Face aux alternatives
Ollama et llamafile font tourner un modèle en local sans rien automatiser : moins de surface d’attaque, moins de capacités. Ensu est à l’autre bout, une simple discussion locale sans outils. Skales est le seul des trois à donner à un modèle un accès réel à la machine, ce qui est son intérêt et son principal risque.
