Test & Avis Expert
DeepL est un service de traduction automatique par réseaux de neurones édité par DeepL SE, société allemande. Il est accessible par le web, par des applications, par des extensions de navigateur et par une API. C’est un service propriétaire et centralisé : aucune partie du traitement n’a lieu sur la machine de l’utilisateur.
Comment ça marche
Le texte est envoyé aux serveurs de DeepL, traduit, puis renvoyé. Le point déterminant pour la vie privée ne tient pas à la technique mais au contrat, et la politique de confidentialité de l’éditeur pose une frontière explicite entre ses offres.
Dans la version gratuite, DeepL indique conserver les contenus envoyés pendant une durée limitée et les utiliser pour entraîner et améliorer ses réseaux de neurones et ses algorithmes — les corrections apportées aux suggestions comprises. La politique précise par ailleurs que les données à caractère personnel ne doivent pas être soumises via l’offre gratuite.
Dans les offres payantes, l’engagement est inverse : les textes et documents soumis ne sont pas conservés durablement, ils sont supprimés après exécution du service, et ils ne servent pas à l’entraînement des modèles. Le traitement de données personnelles y est prévu, sous réserve de conclure un accord de sous-traitance au sens de l’article 28 du RGPD. DeepL étant établi dans l’Union européenne et traitant principalement dans l’EEE, le RGPD s’applique dans les deux cas — mais il ne dit pas la même chose selon l’offre.
Ce que ça ne protège pas
La version gratuite ne convient à aucun contenu confidentiel. C’est écrit noir sur blanc par l’éditeur, et cela couvre bien plus de cas qu’on ne l’imagine : un courriel professionnel, un extrait de dossier médical, un passage de contrat, un message d’un tiers comportent des données personnelles qui ne sont pas les vôtres à confier.
La version payante ne supprime pas la dépendance : le texte transite toujours par une infrastructure tierce, et la protection repose sur un engagement contractuel et sur la conformité de l’éditeur, non sur une impossibilité technique. Un chiffrement de bout en bout n’existe pas ici — DeepL doit lire le texte pour le traduire.
Enfin, DeepL est propriétaire : le code n’est pas auditable, et les grilles tarifaires comme les plans d’API ont changé plusieurs fois. Toute vérification doit se faire sur la page officielle au moment de l’achat.
Face aux alternatives
LibreTranslate et TranslateLocally exécutent la traduction sur une machine que l’on contrôle : le texte ne sort pas, mais la qualité est en retrait, surtout sur les langues peu dotées. Lingva Translate ne résout pas ce problème puisqu’il transmet lui aussi le texte à un moteur tiers. DeepL reste le choix de la qualité ; s’il est retenu, la seule configuration défendable pour un usage professionnel est une offre payante assortie d’un accord de sous-traitance.
