Test & Avis Expert
LibreTranslate est un moteur de traduction automatique publié sous licence AGPL-3.0, prévu pour être installé sur sa propre machine ou son propre serveur. Il s’installe par Docker, par pip ou depuis les sources, expose une API HTTP et une interface web, et dispose d’une ligne de commande. La version en service sur l’instance officielle est la 1.9.6, publiée le 26 mai 2026.
Comment ça marche
LibreTranslate n’est pas un intermédiaire vers un service commercial : c’est une couche d’API autour d’Argos Translate, qui exécute des modèles de traduction neuronaux téléchargés une fois pour toutes. Une fois les paires de langues installées, la traduction s’effectue sur la machine, sans connexion sortante et sans qu’aucun texte parte vers un tiers. C’est la différence de nature avec les interfaces alternatives à Google Traduction, qui déplacent le pistage mais pas le texte.
Le financement du projet passe par l’instance publique. Celle-ci ne répond plus aux requêtes anonymes : l’accès est réservé aux détenteurs d’une clé d’API, l’éditeur expliquant que la gratuité était devenue intenable face au trafic automatisé. Les offres facturées sont annoncées à 29 $ par mois (jusqu’à environ 80 traductions par minute en pointe) et 58 $ par mois pour le palier supérieur, avec une limite de 2 000 caractères par requête. L’auto-hébergement reste entièrement gratuit et sans clé.
Ce que ça ne protège pas
La promesse de confidentialité vaut pour l’auto-hébergement, pas pour l’API hébergée : si vous envoyez du texte à libretranslate.com, il est traité par un serveur tiers comme chez n’importe quel prestataire, et le seul recours est de lire ses conditions. Utiliser une instance publique tenue par un inconnu revient au même problème avec moins de garanties.
La qualité de traduction est le second point, et il est plus déterminant qu’on ne le croit. Les modèles Argos sont nettement en retrait des moteurs commerciaux sur les langues peu dotées, les textes longs et les tournures idiomatiques ; sur des documents juridiques ou techniques, l’écart n’est pas cosmétique. Payer la confidentialité par une traduction moins fiable est un choix qui doit être fait en connaissance de cause.
Enfin, l’installation locale a un coût matériel : les modèles occupent plusieurs centaines de mégaoctets par paire de langues, et la traduction mobilise le processeur. Sur une machine modeste, la latence se remarque.
Face aux alternatives
TranslateLocally vise le même objectif — traduire sans réseau — mais sous forme d’application de bureau plutôt que de service, et avec des modèles issus du projet Bergamot. Lingva Translate résout un problème différent : il supprime le pistage de Google, pas l’envoi du texte à Google. Face à DeepL, l’arbitrage est direct : LibreTranslate perd en qualité ce qu’il gagne à ne jamais exposer le texte.
