Test & Avis Expert
Forgejo est une forge Git à héberger soi-même : dépôts, tickets, demandes de fusion, revues de code, wiki, registre de paquets et intégration continue dans une seule application. Le projet est porté par une communauté réunie sous l'égide de Codeberg e.V., une association à but non lucratif de droit allemand. La version publiée le 10 septembre 2026 est la 16.0.4.
Comment ça marche
Forgejo s'installe sur un serveur ordinaire, sous forme d'un binaire unique ou d'un conteneur, avec SQLite, PostgreSQL ou MySQL pour la base. Le projet revendique une consommation « d'un ordre de grandeur inférieure à celle des autres forges », ce qui le rend viable sur une petite machine. L'intégration continue passe par Forgejo Actions, dont les exécuteurs s'installent séparément. Point notable : la licence a changé en cours de route. Les versions jusqu'à la 8.0 étaient distribuées sous licence MIT ; à partir de la 9.0, le projet est passé sous GPL v3 ou ultérieure, une licence copyleft qui impose de republier les modifications distribuées.
Ce que ça ne protège pas
La fédération, souvent citée comme l'argument distinctif du projet, n'est pas utilisable en production. La FAQ officielle l'indique : « La fédération est en cours de développement actif et est considérée comme expérimentale. Cela tient à ce que de nombreuses fonctions nécessaires — notamment la modération et le contrôle d'accès — n'ont pas encore été développées. » Des changements incompatibles peuvent survenir sans préavis. Compter aujourd'hui sur des tickets ou des demandes de fusion circulant entre instances serait prématuré.
L'autre limite est celle de tout auto-hébergement : la disponibilité, les sauvegardes, les mises à jour de sécurité, le certificat TLS et l'envoi des courriels de notification deviennent la responsabilité de l'administrateur. Une forge qui tombe bloque le travail de toute l'équipe. Enfin, l'écosystème d'intégrations tierces reste sans commune mesure avec celui de GitHub.
Face aux alternatives
Face à GitHub et GitLab hébergés, Forgejo écarte la dépendance à un prestataire et l'analyse du code par un tiers, en échange du travail d'exploitation. Pour qui veut le résultat sans le serveur, Codeberg propose une instance Forgejo publique et gratuite, opérée par la même association. Face à GitLab installé sur site, Forgejo demande nettement moins de ressources, mais ne couvre pas la même profondeur de fonctions industrielles.
