Test & Avis Expert
GitLab CE est l’édition Community de GitLab : une forge complète — dépôts, tickets, revue de code, intégration et déploiement continus, registre de paquets et de conteneurs — à héberger soi-même. Le fichier de licence du dépôt précise que le code situé hors des répertoires réservés est disponible sous licence MIT Expat, que tout le JavaScript côté client l’est également, que la documentation est sous Creative Commons BY-SA 4.0, et que les répertoires ee et jh relèvent de licences distinctes définies dans leurs propres fichiers. Autrement dit : la CE est libre, le répertoire ee présent dans le même dépôt ne l’est pas et porte les fonctions des offres payantes.
Comment ça marche
L’intérêt d’une forge auto-hébergée, du point de vue de la vie privée, est simple à énoncer : le code source, l’historique des discussions, les rapports de vulnérabilité et les secrets de déploiement restent sur une machine que vous contrôlez, sous la juridiction où elle se trouve. Pour une organisation qui manipule des données sensibles, cela évite de confier son patrimoine technique à un prestataire étranger.
GitLab CE fournit l’essentiel de ce que fait GitLab.com : gestion fine des droits, revue de code, chaîne d’intégration continue avec des exécuteurs que vous déployez vous-même, registre de conteneurs, pages statiques. Les exécuteurs d’intégration continue peuvent être hébergés sur votre propre infrastructure, ce qui évite de faire transiter le code par une machine tierce à chaque construction. Le miroir GitHub du dépôt est mis à jour en continu, mais le développement se fait sur GitLab.com.
Ce que ça ne protège pas
La consommation de ressources est la limite pratique la plus immédiate. Une installation GitLab demande sensiblement plus de mémoire et de processeur qu’une forge légère, et un serveur sous-dimensionné donne une expérience pénible. Pour une équipe de trois personnes, c’est disproportionné.
La gouvernance mérite attention. GitLab Inc. est une société américaine cotée, et l’édition Community existe d’abord pour alimenter la commercialisation des éditions supérieures. Des fonctions ont historiquement migré de la CE vers les offres payantes, et la présence du répertoire ee dans le même dépôt rend la frontière moins nette qu’elle n’en a l’air : il faut installer la bonne distribution pour être certain de ne faire tourner que du code libre.
Enfin, auto-héberger transfère la charge de sécurité. Une forge contient les clés de déploiement et les secrets de production d’une organisation : c’est une cible de choix, qu’il faut maintenir à jour, sauvegarder et surveiller. Une instance oubliée est pire qu’un service géré.
Face aux alternatives
Forgejo fait tourner une forge complète sur un Raspberry Pi, avec une gouvernance associative et sans édition propriétaire parallèle : pour la plupart des équipes, c’est le choix par défaut. Codeberg est l’instance publique correspondante, gratuite. SourceHut propose une approche par courriel et sans JavaScript. GitLab CE se justifie quand on a réellement besoin de sa chaîne d’intégration continue et de sa gestion fine des droits à l’échelle d’une organisation.
