Test & Avis Expert
Psono est un gestionnaire de mots de passe conçu pour les équipes, édité par esaqa GmbH, société allemande établie à Vorra (Tiergartenstr. 13, 91247). Le client et le serveur sont publiés en source ouverte sous licence Apache 2.0. Il existe en auto-hébergement (Docker), en extensions de navigateur, en clients de bureau et mobiles, et en service géré sur psono.pw.
Comment ça marche
Le chiffrement est effectué côté client avant tout envoi. Psono repose sur NaCl : cryptographie asymétrique Curve25519 associée à XSalsa20 et Poly1305, et dérivation de la clé d’authentification par scrypt. Concrètement, chaque secret est chiffré avec une clé symétrique tirée au hasard, cette clé étant elle-même conservée dans un magasin de données lui-même chiffré par une clé dérivée du mot de passe de l’utilisateur. Le serveur stocke des blocs chiffrés qu’il ne peut pas lire ; il chiffre en revanche de son côté les données de compte comme l’adresse e-mail avant de les écrire en base. Le partage entre membres d’une équipe passe par la cryptographie asymétrique : un secret est rechiffré pour la clé publique du destinataire.
Le modèle économique est un palier : les fonctions d’entreprise sont gratuites jusqu’à 10 utilisateurs, au-delà l’éditeur facture par utilisateur et par mois, l’offre gérée étant plus chère que la licence auto-hébergée. esaqa publie un rapport d’audit de sécurité externe réalisé par X41 en 2024, accessible depuis son site.
Ce que ça ne protège pas
Le mot de passe de l’utilisateur sert à la fois à l’authentification auprès du serveur (via scrypt) et, par dérivation, au chiffrement des secrets. Cette double fonction est un point relevé lors de l’audit : elle concentre beaucoup de valeur sur un seul secret et rend le choix du mot de passe maître déterminant.
Le chiffrement de bout en bout protège le contenu, pas la structure. Un serveur Psono — qu’il soit celui d’esaqa ou le vôtre — voit qui possède quel nombre d’entrées, quand elles sont consultées, avec qui elles sont partagées, et à quel rythme. Sur une organisation, cette carte des accès est une information sensible en elle-même.
Enfin, l’auto-hébergement n’est pas neutre : la sécurité du coffre devient celle du serveur, de son système d’exploitation, de ses sauvegardes et de ses mises à jour. Passer de l’offre gérée à l’auto-hébergement, c’est changer de responsable, pas supprimer le risque.
Face aux alternatives
Bitwarden couvre le même besoin avec un écosystème client plus large et une offre gratuite individuelle plus généreuse. KeePassXC supprime le serveur mais aussi le partage d’équipe, qui est précisément la raison d’être de Psono. Proton Pass propose un service géré sous juridiction suisse là où Psono se distingue par l’auto-hébergement complet sous licence Apache.
