Test & Avis Expert
Friendica est un réseau social fédéré publié sous licence AGPLv3, développé par une communauté de contributeurs. Sa particularité est le nombre de protocoles qu’il parle simultanément : ActivityPub (donc Mastodon, Pixelfed, Pleroma), le protocole diaspora*, OStatus, les flux RSS et Atom, et des comptes e-mail en IMAP. La version 2026.05, nom de code « Blutwurz », a été annoncée le 21 mai 2026.
Comment ça marche
Friendica est un logiciel de serveur, pas un service : on l’installe chez soi ou sur un hébergement mutualisé. Il fonctionne avec PHP et MySQL, et le projet résume sa contrainte technique d’une phrase — si vous pouvez faire tourner WordPress, vous pouvez faire tourner Friendica. Cela le distingue de la plupart des logiciels du fédiverse, qui demandent un serveur dédié et une pile plus lourde.
L’intérêt de cette polyvalence est de rassembler dans un même fil des contenus venant de réseaux qui ne se parlent pas entre eux. Il n’y a ni publicité, ni traceur, ni modèle commercial : le coût est celui de l’hébergement.
Ce que ça ne protège pas
Auto-héberger déplace la responsabilité plus qu’il ne la supprime. L’administrateur du serveur — c’est-à-dire vous, si vous l’installez — voit tout : messages privés, adresses IP de connexion, contenus supprimés tant qu’ils restent en base. Si l’on rejoint un serveur tenu par un tiers, c’est ce tiers qui détient l’ensemble, sans engagement contractuel dans la plupart des cas.
La fédération implique la copie : un message envoyé vers ActivityPub ou diaspora* est dupliqué sur les serveurs des destinataires, et une suppression n’est qu’une demande adressée à ces serveurs. Les réglages de confidentialité de Friendica sont appliqués par le logiciel distant, qui peut ne pas les honorer — un message « privé » fédéré n’est pas chiffré de bout en bout, il est simplement marqué comme restreint.
Deux réserves pratiques s’ajoutent. Un serveur PHP exposé sur Internet demande des mises à jour suivies : sans cela, l’auto-hébergement devient un risque de sécurité plutôt qu’une protection. Et le projet, bien que régulier, avance lentement — entre la version 2024.12 et la 2026.01, plus d’un an s’est écoulé — avec une interface qui a vieilli et une communauté nettement plus petite que celle de Mastodon.
Face aux alternatives
Mastodon est plus simple à rejoindre et bien plus peuplé, mais ne parle qu’ActivityPub. Lemmy répond à un besoin de forum et non de réseau social. diaspora* partage l’ambition d’origine de Friendica avec un protocole unique. Friendica se justifie surtout pour qui veut un point d’entrée unique vers plusieurs réseaux, et accepte d’administrer un serveur pour cela. Pour un usage sans installation, YunoHost propose un paquet qui automatise une grande partie de l’exploitation.
