Test & Avis Expert
Shotcut est un éditeur vidéo non linéaire de bureau, publié sous licence GPLv3 et développé par Meltytech, LLC. Il existe pour Windows 10 et 11 (Intel, AMD et ARM), macOS 12 à 26 et les distributions GNU/Linux 64 bits (Ubuntu 22.04+, Debian 12+, Fedora 36+ et suivantes). La version 26.8.1 a été publiée le 1er août 2026 ; le rythme de publication est d’environ une version tous les deux mois.
Comment ça marche
Shotcut s’appuie sur le framework de montage MLT, le même moteur que Kdenlive. Le décodage, le rendu et l’export s’exécutent sur le processeur et la carte graphique de la machine : aucun fichier n’est téléversé, aucun compte n’est créé, aucun abonnement n’est demandé et l’export ne porte pas de filigrane. Les projets sont enregistrés dans un fichier XML (MLT) qui pointe vers les rushes là où ils se trouvent sur le disque.
Le seul flux réseau du logiciel est la vérification de mise à jour. Dans le code source, elle interroge https://check.shotcut.org/version.json, et le programme demande explicitement à l’utilisateur, par une boîte de dialogue, s’il souhaite l’activer automatiquement — le réglage n’est donc pas imposé en silence. Il n’existe pas de module d’analytique ni de remontée d’erreurs dans le code : c’est une différence de fond avec OpenShot, qui en embarque un.
Ce que ça ne protège pas
Un éditeur vidéo local ne retire rien des fichiers qu’il produit. Shotcut réencode la vidéo mais recopie une partie des métadonnées du conteneur, et il n’efface pas la géolocalisation ni le modèle d’appareil présents dans les rushes d’origine. Un fichier exporté puis publié peut donc encore raconter où et avec quoi il a été tourné : il faut le passer par ExifTool ou MAT2 avant diffusion.
Le projet ne protège pas non plus contre lui-même : les binaires officiels sont distribués sur GitHub et depuis le site, sans signature vérifiable par l’utilisateur ordinaire sur toutes les plateformes. Enfin, Meltytech est une société commerciale états-unienne ; le logiciel est libre, mais la gouvernance repose très largement sur un mainteneur unique, ce qui est un risque de continuité comme pour beaucoup de projets de cette taille.
Face aux alternatives
Kdenlive partage le même moteur MLT et couvre les mêmes usages, avec une interface plus proche des montages longs et des fichiers proxy intégrés ; Shotcut reste plus léger à prendre en main pour des séquences courtes. OpenShot est plus simple mais embarque un module de statistiques vers Google Analytics, proposé au premier lancement et désactivé sans accord ; Shotcut n’en a pas. Face aux éditeurs commerciaux, le compromis est celui d’un logiciel sans compte ni licence en ligne, au prix d’une accélération matérielle moins uniforme d’une machine à l’autre.
